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L’incroyable aventure des jumeaux Nyokas, street basketteurs devenus handballeurs professionnels

Les jumeaux Nyokas sont des passionnés de sport au parcours atypiques. Sacrés champions avec l’Equipe de France de handball en 2015 et 2017, Kevynn, et Olivier ne se destinaient pourtant pas à faire carrière dans le domaine. Studieux et décidés à mener des projets d’envergure au-delà du sport, ils ont également à coeur de d’être des modèles de représentativité pour la jeunesse des quartiers populaires. Saviez-vous que l’histoire surprenante des frères Nyokas commence avec le basket ? Entretien en binôme.

They got game…

Le handball n’est pas parmi les sports les plus représentés en France. Comment vous retrouvez-vous à en pratiquer ?

O.N : On a été sensibilisé au hand par le collège, à l’AS.

K.N : On a commencé un peu par hasard, au collège. On s’est rendu compte qu’on en avait les qualités car mon frère et moi étions toujours les meilleurs à chaque fois qu’il y avait des matchs contre d’autres écoles. Mais nous étions des joueurs de basket.

O.N : C’est pour ça qu’on a commencé assez tard. Mais on a avait un grand dans le bâtiment qui avait toujours des maillots et on était curieux donc un jour il nous a emmenés dans son club et ça s’est fait comme ça.

K.N : On jouait au basket toute la journée et on jouait au hand de la même façon, avec de grands appuis, une super détente et des cross over, énormément de duels comme dans les un contre un. C’est vrai qu’à l’époque, le Handball n’était pas très représenté en banlieue. Aujourd’hui, c’est un peu plus facile pour ces jeunes, parce qu’il y a des gens comme mon frère et moi ou Luc Abalo, des gens qui viennent des mêmes endroits qu’eux auxquels ils peuvent s’identifier. C’est pour ça que je pratique mon sport de cette façon.

D’où vous vient cet engouement pour le basket ?

K.N : Dans l’Essonne, il y’ avait un playground dans chaque quartier. A côté il y avait les guerres entre les mêmes quartiers mais nous on était dans le sport.

O.N : On jouait en bas de chez nous. On s’affrontait en 3 contre 3, il y avait peu de fautes. Ce qui nous frustrait dans le basket académique c’était toutes ces règles.

K.N : C’est un sport simple d’accès, tu peux descendre à tout moment, même si tes potes ne sont pas là tu peux faire des choses seul avec ton ballon.

Pourquoi plutôt basketball que football ?

O.N : On a fait du foot plus jeune. J’ai même eu quelques touches avec le PSG mais ce n’est pas un sport qui m’a transcendé. En plus, mon frère avait arrêté donc je n’étais pas à fond.

K.N : Olivier était très fort comme gardien de but. Il a été repéré par le PSG de Bernard Lama à l’époque. Peut-être que si on avait poursuivi, il serait devenu un grand gardien de but.

O.N : En regardant le football aujourd’hui, si on en avait eu conscience, je pense que même mon père nous aurait dit de continuer.

Kevynn Nyokas.

Votre première expérience dans le sport se fait donc dans le basket avec votre association Bazik Street Ball. Comment naît l’idée de ces tournois ?

K.N : On était jeunes, on galérait pendant l’été donc on jouait au basket en bas. Parfois, des mecs d’autres quartiers venaient sur notre terrain. On s’est dit qu’on devrait organiser un tournoi avec tous ces gars.

O.N : On a grandi dans un quartier, avec les problèmes qu’on sait. On se sentait bien, on entretenait de bonnes relations avec tout le monde mais nous c’était le sport à fond mort. Un jour, après avoir joué, on était posés sur le terrain et on a eu l’idée de faire un tournoi de basket.

K.N : La première édition (2003) s’est organisée avec les moyens du bord, on n’avait pas encore créée l’association. Pour les affiches, on avait découpé un joueur de basket qu’on avait collé sur une feuille et on avait écrit un truc vite fait. La mère d’un ami nous a fait 300 photocopies. Cette première édition a été un succès, on a eu plus d’équipes que ce qu’on attendait. Par la suite les prochaines éditions seront beaucoup mieux organisées.

O.N : On était tous mineurs, il n’y avait qu’un majeur parmi nous. Il est devenu le président de l’association.

Quelle était la portée sociale de ces rencontres ?

K.N : On a été motivés par le fait de casser l’oisiveté chez les jeunes. La ville l’a très bien reçu. C’est devenu un événement et ça nous ressemblait bien parce qu’on vivait basket.

O.N : On a tout de suite compris qu’il fallait mettre l’accent sur cet aspect social. Les gens étaient demandeurs de ça. L’initiative était belle.

K.N : Au départ, on a surtout eu envie de porter la culture des quartiers et permettre aux jeunes d’avoir un événement. Ces évènements comptaient parfois jusqu’à 3000 personnes (participant et visiteurs) sur la journée, ça faisait vivre le quartier. Les gens s’en souviennent encore aujourd’hui parce que depuis qu’on a arrêté il n’y a pas eu d’événement similaire. Le but était vraiment de partager ces cultures diverses, après les matchs nous invitions des groupes de danse ou de chant des orchestres à participer à un concert à la fin du tournoi. Il y avait un vrai partage.

Pourquoi l’activité de l’association s’est-elle arrêtée ?

O.N : On avait de grandes ambitions pour le projet, on a essayé d’exporter le tournoi. On a tenté de l’organiser dans une cité assez sensible d’Evry et ça ne s’est pas très bien passé. Le matin, en arrivant, on a trouvé une voiture brûlée à l’entrée du terrain. Il a fallu appeler tous les partenaires pour qu’ils envoient une dépanneuse. Ça été un cauchemar. Finalement ça faisait beaucoup. En plus de nos activités sportives qui commençaient à s’intensifier, et les études des uns et des autres.

Qu’a apportée la pratique du basket à vos performances en tant que handballeurs ?

O.N : Très jeune, vers l’âge de 14 ans, je dunkais déjà. Je n’étais pas grand mais on essayait constamment des trucs et ça nous as poussés, motivés. Je crois que ça a été le sport qui nous a donné l’esprit de compétition, cette volonté de gagner.

Pensiez-vous à cette époque qu’une carrière dans le sport était possible ?

O.N : Pas du tout.

K.N : On se destinait aux études.

O.N : Nos parents avaient d’autres ambitions pour nous. On pensait suivre un cursus universitaire. A l’époque, on entrait en centre de formation à Paris mais on était aussi en DUT Services et Réseaux de Communication (informatique).

K.N : Notre père est un intellectuel, il nous a toujours poussés à être bons à l’école donc notre chemin était plus d’étudier.

O.N : A l’issue de la première année nous avons changé d’IUT mais même quand nous avons commencé à se professionnaliser dans le hand, on était encore dans le schéma des études et nos parents avaient à cœur que nous poursuivions.

Justement, comment ce choix a-t-il été perçu par votre famille ?

K.N : Mon père nous a toujours laissé le choix de faire ce que nous voulions.

O.N : Aujourd’hui il est très fier de nous et toute la famille a directement suivi.

K.N : Toute la famille a embrassé la carrière qu’on a eue. Je pense que nos parents et nos frères sont nos premiers fans. Ils sont là à tous les rendez-vous. Je crois que chaque athlète joue d’abord pour ta famille et ensuite pour ton club, pour tes fans, pour les gens qui viennent te voir.

Kevynn et olivier Nyokas.

Des playgrounds Evryens aux parquets de la Fédé…

Comment vivez-vous le passage de la pratique amateur à la professionnalisation ?

O.N : Je me souviens encore de ce jour, qui est l’un des plus beaux de ma vie.

K.N : On s’est lancé sur le tard vers 18 ans. C’était très difficile à l’époque parce qu’on préparait un DUT Services et Réseaux de Communication pour devenir ingénieurs en informatique.

O.N : Il fallait que tous les éléments concordent. On a reçu la nouvelle de l’acceptation de changement d’IUT le même jour que celle de notre recrutement au centre de formation de Paris.

K.N : L’emploi du temps était chargé et après les cours, à 18h, il fallait enchaîner avec l’entraînement, rentrer et faire nos devoirs jusqu’à 4 ou 5h du matin puis se lever à 6h pour retourner en cours. Ça été une année chargée.

O.N : On était tous les trois dans la pièce, avec mon grand frère, je ne sais plus où étaient les autres membres de la famille. On avait provoqué ces opportunités et finalement, ce n’était pas si surprenant mais, ce jour-là était magique.

Votre pratique passionnée du street basket a-t-elle freiné votre apprentissage académique ?

K.N : Ça n’a pas été un frein. On a reçu une éducation assez stricte donc la discipline n’a jamais été un facteur gênant. La raison pour laquelle nous n’avons pas passé le cap avec le basket est qu’on se disait qu’en club la façon de pratiquer était fragile. On sifflait des fautes à tout bout de champ.

O.N : On jouait sur des playgrounds de 10h à 22h, en bas de la fenêtre. Même après le dîner, comme on avait la chance d’avoir un terrain éclairé. C’était cool, on était avec nos potes. Il n’y avait pas cette vision du sport professionnel et de là d’où je viens, on n’avait pas trop accès aux ligues officielles. On n’avait pas Canal +.

K.N : C’était notre discours à l’époque, celui de mecs qui ne sortent pas de leur quartier, c’était une idée toute faite. On était biens entre nous, il y avait toujours de nouvelles personnes sur notre terrain. Les gamers comprendront.

O.N : Je n’avais pas cette fibre, je ne me disais pas que c’était possible.

Comment se passe finalement votre adaptation ?

K.N : On était des jeunes ayant grandi dans un quartier donc on n’avait pas forcément les codes. Tu parles un peu fort, tu ne t’exprimes pas toujours de la bonne façon parce que ça se passe comme ça d’où tu viens.

O.N : Mon frère et moi sommes des acharnés de travail du coup ça n’a pas été un problème. On a vite compris que pour progresser, il fallait s’adapter.

K.N : C’est sur qu’en arrivant dans un milieu où il y a d’autres règles et des protocoles à respecter il a fallu un temps d’adaptation. Mais ça n’a pas été un obstacle.

O.N : Niveau physique, nous étions largement au-dessus mais il fallait bosser pour rattraper le retard dans les autres domaines. On avait un retard certain par rapport aux joueurs qui passent par l’Equipe de France dès le plus jeune âge et qui apprennent très tôt tous ces codes.

K.N : Ce sont des choses qui s’apprennent vite. Insulter un arbitre parce que c’est ce que tu fais au quartier, tu le fait une fois puis plus jamais. En regardant les sportifs de haut niveau, il faut aussi voir des gens qui réussissent à s’adapter rapidement. J’ai croisé des mecs très forts mais être fort ce n‘est pas tout et ce n’est pas uniquement ce qui va te permettre d’arriver au top ou de faire les J.O. Il faut aussi appliquer une discipline et être capable d’intégrer rapidement ce qu’on attend de toi. Que ce soit sur le terrain ou en dehors.

O.N : Je me dis qu’on n’a pas trop mal fait parce que sinon on n’aurait pas fini champions du monde. Je le vois comme quelque chose d’extraordinaire compte-tenu de notre parcours.

K.N :Le sportif, c’est plus que la performance. Pour arriver au top il faut être plus que juste un bon joueur. Les gens qu’on voit au-dessus ont laissé derrière eux des gens parfois plus forts qu’eux qui n’avaient pas cette discipline, qui n’avaient pas la capacité de compréhension, d’exécution rapide.

Quelle importance joue l’un dans le parcours professionnel de l’autre ?

K.N : On se donne des conseils. Je suis gaucher, il est droitier donc il attaque sur moi et moi sur lui.

O.N : On se fait systématiquement des debriefs sur nos matchs. Mon frère est la seule personne qui va me juger et dont le jugement a une réelle valeur.

K.N : On s’est retrouvés plusieurs fois à jouer l’un contre l’autre. Quand on rentrait au vestiaire, je lui donnais des conseils sur son jeu et inversement, ça énervait les coachs.

O.N : Quand je l’affronte, je le fais dans la peau d’un compétiteur qui veut gagner mais en même temps, lorsqu’il marque de bonnes actions je suis content. Mon subconscient l’assimile à quelque chose de positif. Ceux qui ne sont pas jumeaux ne comprennent pas ce sentiment de n’être jamais seul et de ne l’avoir jamais été. Je pense que c’est un truc qui nous a aidés à vivre cette confrontation permanente qui était un peu nouvelle pour nous.

Alliés adversaires…

Le Centre de formation a-t-il voulu exploiter cette gémellité ans le jeu ?

K.N : Ils ont essayé de miser sur ça à l’époque où on est arrivés au centre de formation à Paris mais…

O.N : Au contraire, on était tellement ensemble qu’ils sont plutôt eu envie de nous séparer. On essayait de nous préparer à ne plus être ensemble.

K.N : …Dès que mon frère ratait une action je n’étais pas bien et vice-versa. Ce n’était pas bon. Donc ils décident de nous séparer pour la première fois de notre vie.

O.N : Je ne l’avais jamais imaginé, ça n’appartenait pas à mon processus mental. Je ne me sentais pas concerné par cette éventualité.

K.N : Olivier part en Espagne et moi je reste à Paris. La séparation était horrible. Ça été un déchirement mais avec le recul je pense que c’était bien de le faire à cet âge-là.

Quel impact cette séparation a-t-elle respectivement eu sur votre jeu ?

K.N : Clairement positif ! Mon frère est devenu le joueur qu’il est aujourd’hui.

O.N : Quand je suis parti pour l’Espagne, ça été un déchirement mais une fierté aussi, finalement. Je voyais mon frère qui jouait déjà en pro, moi très peu donc c’était l’opportunité de commencer vraiment. De m’émanciper, de grandir en tant qu’individu. On était toujours en contact. On s’appelait je ne sais combien de fois par jour et on se voyait souvent aussi. Je garde un très bon souvenir de cette période. Ça n’a pas été traumatisant, alors que ce n’était pas une chose qu’on voulait initialement. Il fallait forcément que ça arrive.

Evolutions parallèles…

Que gardes-tu de cette expérience en Espagne, Olivier ?

Ça s’est super bien passé ! Avec le recul je me dis que le plus grand patrimoine que je conserverai de toutes ces expériences à l’étranger ce sont les langues que j’ai pu apprendre. Aujourd’hui je parle couramment Espagnol, couramment Anglais et couramment Allemand. C’est une véritable chance et tout ça m’a été offert par le sport. La vie en Espagne était différente. A Madrid, on prenait le temps, le matin on déjeunait tous ensemble, en équipe. C’était vraiment top. J’y ai même eu ma première expérience professionnelle, en donnant des cours de Français.

Entre-temps, tu deviens OliShark, d’où te viens ce surnom ?

C’est mon grand-frère qui m’a donné ce surnom, parce que j’arrachais tout.

Kevynn, tu a eu à te remettre de nombreuses blessures a cours de ta carrière. Comment les as-tu surmontées ?

Cela a ralenti ma progression mais ça ne m’a pas empêché d’atteindre les plus hauts niveaux. Je ne connais pas d’autre sportif qui, avec pareilles blessures ait réussi à revenir autant de fois. Ça m’a permis de me forger un mental vraiment solide. Après chaque blessure, je me remets rapidement grâce à la rééducation et la rage de revenir sur le terrain. A 20 ans, je me romps tendon d’Achille. A 22 ans, je me romps l’autre. Je suis en pleurs. Je retourne chez mes parents et je reviens tellement fort que je me retrouve directement en Equipe de France. Après chaque retour j’oublie complètement que je me suis blessé. Je me blesse une troisième fois et suis arrêté pendant 3 mois. C’est dur mais je surmonte l’épreuve parce que je sais précisément où je veux aller, ce que je veux faire. Après qu’on ait été sacrés champions du monde en 2015, je me blesse gravement au genou. C’est cette blessure qui va m’éloigner des terrains, environs 17 mois.

De quelle façon cette blessure affecte tes perspectives de carrière ?

A ce moment-là je suis en Allemagne. Je suis loin et j’ai un gros contrat donc beaucoup de pression. On décide finalement de le rompre et je m’engage dans la foulée avec un autre club allemand. J’y passe un an et je me rends compte que j’ai perdu le goût de me réveiller pour aller à l’entraînement ainsi que mon esprit de compétition pour les matchs. A la fin de la saison, je décide d’arrêter et d’aller vivre à Barcelone, près de la mer. Des clubs français et européens m’appellent pour me recruter mais je suis totalement dans une autre vie.

Comment vis-tu la blessure de ton frère, Olivier ?

Ça été horrible à vivre. J’en ai été touché au plus profond de mon être. Je ne saurais dire si ces moments très douloureux ont affecté ma carrière, je ne pense pas avoir suffisamment de recul.

K.N : Tout le monde demande à Olivier de mes nouvelles. Il finit par me convaincre d’accepter une proposition.

 

L’aventure entrepreneuriale de Kevynn Nyokas…

Quelles sont les difficultés du retour à une vie plus normale ?

Un sportif professionnel évolue dans une bulle, on organise tout pour lui. Il est dorloté toute sa vie. La confiance t’est donnée automatiquement, ton nom suffit. Dans la vraie vie c’est complètement différent, encore plus dans le monde des affaires où la confiance est la première chose que tu dois gagner.

Que fais-tu durant cette période loin des terrains ?

Je monté une société d’intermédiation. Je ne veux plus entendre parler de sport, en dehors de la carrière de mon frère. Dans cette nouvelle vie je suis totalement épanoui. Je voyage, je vis dans un cadre excellent, je fais plein de choses, je rencontre plein de gens différents qui ne sont pas du milieu. Je vis la vraie vie. Mais j’ai quand même en moi ce sentiment de ne pas avoir remercié mon sport comme j’aurais dû. Il m’a apporté beaucoup, j’ai rencontré des gens grâce au statut qu’il m’a donné donc j’y pense.

Comment se passe ton retour dans le game ?

Olivier vient faire une prépa au Benfica à Lisbonne, le plus grand club du Portugal. Le président, le manager et le coach demandent à mon frère de me faire venir et me proposent les meilleures conditions pour ma préparation. C’était la même prise en charge que dans le football. A savoir, des conditions qu’on n’a pas habituellement dans notre sport. C’est ce qui a achevé de me convaincre. Je reprends mes marques assez rapidement. Il faut dire que j’arrive dans un environnement très sain où les gens apprécient ma personne et mon palmarès. Je ne me voyais revenir que dans ces conditions. Je ne voulais plus me prendre la tête.

Olivier Nyokas.

OliShark à l’Elysée…

Olivier, tu pars pour les J.O. Dans quel état d’esprit es-tu alors ?

C’était la première fois que Kevynn et moi étions ensemble en Equipe de France. Il s’est blessé un an avant les jeux et il était redevenu super bon. Malheureusement, les douleurs sont revenues et il a dû s’arrêter. C’était triste qu’il ne puisse pas terminer la prépa mais le fait d’y aller était une grande joie et j’étais en permanence en contact avec lui. Il a clairement vécu le truc comme s’il y était.

Pour cette performance tu reçois une médaille de l’ordre du mérite. Peux-tu nous parler de ce titre ?

C’est un truc de fou ! Je suis allé trois fois à l’Elysée en moins d’un an. Cette cérémonie est organisée pour les sportifs médaillés aux Jeux Olympiques. Quand tu décroche l’or, tu reçois la Légion d’honneur, quand tu gagnes l’argent tu reçois le titre de l’Ordre national du mérite. C’est une grande fierté. Ce que les gens ne savent pas c’est qu’en France le sport est une volonté politique. Le pays avait été humilié sous De Gaulle, lors d’une rencontre aux J.O durant laquelle la délégation française n’avait ramené aucune médaille d’or (J.O Rome 1960). Suite à ça, un programme a été mis en place et la France a toujours investi beaucoup de moyens dans la promotion du sport et des sportifs.

 

Gagner sa vie grâce dans le sport de haut-niveau…

Comment les clubs encadrent-ils la gestion de vos carrières et de vos revenus ?

K.N : On a eu beaucoup de chance de ne pas se retrouver dans un milieu de requins.

O.N : J’ai un autre regard aujourd’hui mais j’ai quand même l’impression qu’on a fait les bons choix parce qu’on a fait des investissements sérieux.

K.N : Quand tu es un jeune sportif beaucoup de gens t’approchent. Tu te retrouves dans des bureaux superbes, sur les plus belles avenues de la capitale, face à des gens qui parlent bien mais qui ne font pas forcément les meilleures propositions dans le sens de tes intérêts. Je pense que le plus important pour pouvoir choisir au mieux c’est d’être instruit. Tout au long de sa carrière, il faut se développer, en tant qu’homme bien sûr mais aussi gagner des compétences, rien que pour être capable de comprendre de quoi on nous parle. Avec mon frère, ça été le leitmotiv, se former pour acquérir un bagage supplémentaire.

Vous prépare-t-on rapidement à organiser l’après-carrière ?

O.N : Il n’y a rien d’organisé. Il y a des gens qui gravitent autour du sport mais pas de conseils. C’est un peu ce que je fais aujourd’hui en dehors du hand, accompagner la formation et la reconversion pendant la carrière parce que je trouve cela extrêmement important.

K.N : A 18 ans, 20 ans, t’es sur Paris, t’es jeune, tu gagnes beaucoup d’argent donc tu peux y penser parfois mais ce n’est pas la priorité. Après ça dépend aussi des parcours et du milieu d’où tu viens.

O.N : Un sportif professionnel doit préparer son après-carrière dès le plus jeune âge et ce projet va évoluer avec le sportif tout au long de sa carrière. Des passerelles existent mais les joueurs ne vont pas toujours chercher l’information. Il n’y a pas d’institution qui gère ça. Ça manque au niveau des clubs. Du coté de l’accompagnement financier l’encadrement est aussi inexistant, j’ai des potes qui ont fait confiance à des gens et perdu beaucoup d’argent. On en parle rarement mais ça arrive fréquemment.

De votre côté, comment vous y préparez-vous ?

K.N : J’ai été accepté dans une école de relations publiques à Barcelone. C’est un domaine qui m’intéresse vraiment. Je viens de lire Propaganda, Comment manipuler l’opinion en démocratie d’Edward Bernays. C’est ce livre qui m’a décidé à m’inscrire en Fac.

O.N : Je ne veux pas être coach en entreprise mais j’ai commencé comme ça. On m’avait sollicité pour intervenir dans une société. La première fois, je ne savais pas du tout dans quoi je m’engageais mais je savais que je pourrais apprendre et trouver un moyen. Ça s’est super bien passé et les témoignages d’employés que j’ai reçus m’ont convaincu de me former dans cette voie. C’est ce que je fais actuellement.

K.N : L’expérience c’est une chose mais se former est très important. La facilité ne nous a jamais vraiment intéressés. On ne se forme pas nécessairement pour devenir des théoriciens de notre pratique. Même pas uniquement pour le sport, notre vision est plus large. Olivier fait du management et moi des relations publiques, cela va nous permettre demain de monter notre affaire en ayant besoin de moins de tiers.

Le coaching de joueur vous a-t-il jamais intéressés ?

O.N : Il faut se rendre à l’évidence. Je n’ai pas cette volonté d’être entraîneur parce que je trouve que les joueurs sont beaucoup trop ingrats ! Et je me mets dans le lot. Puis, je ne crois pas que ce soit le meilleur débouché. J’ai l’ambition de transmettre, de redonner un peu de ce que le hand m’a apporté mais pas par l’entraînement. J’aimerai transposer ce que j’ai appris au cours de ma carrière en expliquant comment on peut avoir un engagement total dans son action. Quand je parle d’accompagnement et de transmission, ce serait surtout auprès de jeunes en organisant des camps par exemple, notamment sur en l’Afrique.

A quel âge s’arrête une carrière dans le handball ?

O.N : Honnêtement, je ne sais pas. Tant que j’aurai la force de jouer, je jouerai.

K.N : Je pense que j’aurais arrêté d’ici mes 35 ou 36 ans. On le ressent aussi physiquement. Ça coûte beaucoup plus d’efforts pour te maintenir à tes performances. Je le faisais très facilement jusqu’ici, aujourd’hui, pour être fort sur le terrain je dois m’entraîner beaucoup plus.

Quel est l’objectif que vous souhaiteriez atteindre avant de raccrocher ?

O.N : Les Jeux Olympiques. Une médaille d’argent c’est bien mais ce n’est pas assez.

 

Faire exister son art dans la constellation sportive nationale…

Qu’en est-il de la visibilité du handball aujourd’hui et de l’impact sur les contrats des joueurs ?

O.N : Je sais que l’économie du foot est juste démentielle mais je pense que tu n’as pas besoin d’avoir 1 million d’euros de salaire pour vivre confortablement.

K.N : En terme de visibilité, de diffusion de matchs, d’audience, on est très loin devant le basket aujourd’hui. Le handball français a longtemps gagné et je pense que gagner participe à accroître la visibilité du sport en question. En tant que handballeur professionnel et avec mon palmarès, je n’ai pas vraiment à me plaindre.

O.N : Je représente la marque Adidas, qui me fait confiance et associe son image à la mienne et vice-versa, c’est une grande marque qui collabore avec les joueurs parce qu’elle y trouve son intérêt. C’est déjà significatif.

K.N : J’arrive à toucher un nombre important de personnes auxquelles je peux faire passer mon message.

O.N : J’estime qu’on a ce qu’on mérite. Je ne me plains pas, je me bats avec les armes que j’ai et je suis content de mon sort. Je pense que c’est le même combat pour tout le monde et il faut en être conscient. On ne se rend pas compte de la réelle place du sport dans la société actuelle. Aujourd’hui les gens font appel à nous pour en motiver d’autres, faire passer des messages.

Etes-vous investis dans la cause pour la représentativité du sport féminin ?

K.N : On soutient, évidemment !

O.N : Bien sûr qu’on soutient ! Il n’y a pas de débat.

K.N : Gladys Epang est une sœur, ancienne grande taekwendoiste très impliquée dans le monde du sport français. Il y a aussi la basketteuse Diandra Tchatchouang. On s’est rencontrés parce qu’on a été blessés au même moment. Je commence à percevoir clairement sa reconversion car ses propos sont clairs, elle est très informée sur les sujets qu’elle traite.

O.N : Je ne pense même pas qu’elles cherchent à avoir une exposition, l’exposition elles l’ont. Il y aura toujours des machos mais le sport se féminise énormément. Les équipementiers orientent de plus en plus leur communication envers les femmes. Elles ont longtemps été confinées à un rôle de femmes au foyer mais on est dans une société qui évolue.

K.N : La première chose pour occuper l’espace c’est de gagner. Le handball a longtemps été dans les tiroirs du sport français avant qu’il commence à remporter des médailles. Il était quasiment invisible, sauf pour ceux qui le pratiquaient. C’est à force de gagner qu’il s’est fait une place et je pense que c’est le seul moyen.

Quels rapports les sportifs entretiennent-ils entre eux ?

K.N : Je joue à Lisbonne aujourd’hui donc c’est un plus compliqué d’être avec mes collègues français des autres sports mais on s’est toujours côtoyés. Olivier et moi avons grandi avec Mathieu Bastareaud, qui est l’un des plus grands rugbymen français, c’est un frère.

O.N : On se rencontre par l’intermédiaire des équipementiers ou lors d’événements publics. Le contact est généralement bienveillant.

K.N : A Paris, on a pu côtoyer beaucoup de joueurs de basket, hommes comme femmes. On est amenés à être sur les mêmes événements, il y a pas mal de ponts pou qu’on puisse se rencontrer et échanger.

O.N : On s’envoie es messages. Je trouve ça cool de recevoir des félicitations d’un autre athlète.

Olivier et Kevynn Nyokas.

Devenir un modèle et l’assumer…

Pourquoi est-il important pour vous de véhiculer une image exemplaire, dans la pratique de votre sport et au-delà ?

O.N : Ce n’est même pas tant pour prouver que pour montrer de quelle manière on peut rendre son chemin le plus efficient possible. Il faut dire les choses aux plus jeunes.

K.N : Il y a des joyaux dans tous les quartiers de France, que ce soit dans le sport ou les études. La France ne se rend pas compte de la véritable chance qu’elle laisse passer. Je me sens chanceux. Moi je suis vraiment un mec qui est passé de l’autre côté de l’écran. On n’a pas baigné dedans mais malgré tout, on a réussi à passer de l’autre côté.

O.N : Nous sportifs professionnels sommes des modèles sur lesquels la société s’appuie, j’en suis très conscient et je crois qu’il faut l’exploiter.

K.N : D’autres jeunes de banlieue vont pouvoir se voir et s’identifier aux frères Nyokas.

Cela fait-il peser plus de pression sur vos épaules ?

K.N : Non. Nous voulons inspirer ceux qui sont en adéquation avec ces valeurs. Je n’ai pas besoin de sortir de ce que je suis pour transmettre ce message. On veut démontrer que c’est possible. Nous n’avons pas eu de formation technique, on a joué au basket en converses et pour nos premiers matchs de hand on n’avait pas les chaussures adaptées. Malgré les obstacles nous avons tout les deux réalisé de grandes choses et le message est là.

O.N : C’est aussi pour ça que je continue de me former. Je veux acquérir du savoir et non distiller un savoir que je pensais avoir acquis et qui serait biaisé ou erroné par mes expériences personnelles.

Et vous quelle est la personnalité sportive qui vous inspire le plus ?

K.N : Je suis un Lebron fan !

O.N : Lebron est aimé et adulé de tous et c’est normal. Ceux qui ne sont pas dans ce rapport ne sont pas normaux.

K.N : En termes de capacités athlétiques surtout. Ce mec est une énigme pour moi, il ne se blesse jamais ! Il est au top depuis 17 ans, et vient de réaliser une des meilleures saisons de sa carrière. Comment arriver à ça en tant que sportif ?

O.N : La perfection n’existe pas mais pour moi il représente l’athlète ultime et tellement de choses positives et bienveillantes.

K.N : Sinon, j’affectionne particulièrement Jamal Crowford. Il y a une humilité dans son geste, ce mec est à la fois un destructeur et un poète. Je ne suis pas trop dans les comparaisons mais en ce moment je regarde le documentaire sur Jordan. Jordan a défriché le terrain pour qu’un Lebron puisse exister et ce qu’on essaie de faire Olivier et moi. J’espère que demain, on verra beaucoup plus de jeunes issus des quartiers en haut niveau. Que ça sera banalisé.

O.N : Lebron s’implique auprès de sa communauté. Bien sûr, tu as des Noirs qui réussissent aux Etats-Unis mais, pour moi qui suis très axé sur ces questions d’éveil de la communauté, quand tu regardes ce qui se passe dans le monde, il n’y a pas un endroit où les Noirs sont en bonne posture. Je ne me plains pas, ici je suis très bien, les gens m’apprécient et c’est réciproque mais je m’estime chanceux parce que je pense que sans ce statut, les choses auraient été différentes. Donc parmi ceux qui s’illustrent, Lebron James me rend fier. Il rend fier toute une communauté et sportivement, il incarne l’excellence.

Lebron James c’est aussi cette arrogance qu’on n’apprécie pas ici. Cela vous bride-t-il dans votre pratique ?

O.N : Je sais que je suis le meilleur sur le terrain et on m’en a voulu de le dire. Je m’étais blessé, suite à quoi j’avais eu du mal à revenir donc on me l’a lancé au visage mais ça ne m’a pas et ça ne me fera jamais douter. Je me retrouve dans le discours des autres athlètes qui l’affirment.

K.N : Il y a aux Etats-Unis une culture du leadership différente. Quand tu arrives sur le terrain, on sait que tu es un leader et il y a une hiérarchie. Ici, elle est moins marquée. On essaie d’être plus modestes.

O.N : En France on déteste Russell Westbrook, parce qu’il aime trop gagner. Moi je l’adore ! Ce n’est pas de la prétention et il faut prouver ce que tu dis mais je n’ai pas de problème avec ça.

K.N : Je ne pense pas qu’il y ait un modèle meilleur ou moins bien mais je crois que si les sports américains ont atteint ce degré d’excellence, c’est aussi grâce à cela. Le degré d’exigence présent au sein l’Equipe de France de Handball est une chose que je n’avais jamais vue et qui s’approche vraiment de ce que ce qui peut se faire aux Etats-Unis. Ce modèle gagnerait à être plus visible dans d’autres sports et même dans d’autres domaines.

Quel est votre meilleur souvenir ?

O.N : Les Jeux Olympiques. C’était dur, mais c’est énorme à vivre. J’avais commencé la compétition en tant que remplaçant donc je ne bénéficiais pas du même traitement que les autres, tes créneaux d’entrainement sont très courts, tu es sur le côté. Ça été un truc de fou. Gagner les championnats du monde en France aussi c’était énorme.

K.N : Quand je deviens champion du monde en 2015. Toute l’expérience de la finale, du début, où tu n’entends plus rien ni personne tant il y a du bruit, tant l’atmosphère est tendue. Il y a carrément de la buée ! C’est un moment indescriptible. Pour moi, c’est mon meilleur souvenir, au Qatar en 2015 avec l’Equipe de France.

Quelle est l’anecdote la plus marquante de vos carrières ?

K.N : Quand je me blesse, en 2015, je ne suis pas bien parce que l’année suivante il y a les J.O. J’avais été blessé si longtemps que je n’étais même plus censé être dans les plans. Pour la première fois dans ma carrière, mon frère et moi nous retrouvons en Equipe C’était un truc de fou. Finalement je n’ai pas pu y aller. C’est Olivier qui a été gagner cette médaille d’argent à Rio pour nous. Pour un athlète, les JO c’est le sacro-saint. Quand ce rêve m’a échappé, mon frère a pris le relais.

O.N : Je suis au centre de formation de Paris et on se prépare pour un match en Espagne. L’un de entraîneurs, Thierry Anti, qui a ensuite été mon entraîneur ici à Nantes, m’appelle dans sa chambre. C’est un moment hyper solennel. Il m’annonce que le club espagnol veut me recruter. Il me fait cette proposition et je visualise la séparation avec mon frère. Avant ça, on n’avait jamais été séparés plus de deux semaines. C’est la première chose à laquelle je pense. Je n’en dors pas de la nuit. Suite à ça, j’ai deux jours préparer mes affaires et partir pour l’Espagne.

 

L’Afrique dans le viseur…

Quel est votre rapport à l’Afrique ?

K.N : Je suis très proche de ma culture congolaise mais je n’ai malheureusement jamais été en Afrique.

O.N : Je me souviens que la fois où nous devions partir, en 1997, il y avait la guerre au Congo donc on n’a pas pu. Quand on est une fratrie de cinq plus les deux parents, ce n’est pas facile de partir tous ensemble donc ça ne s’est pas fait.

K.N : Au final c’est une excuse parce qu’avec Olivier on quasiment voyagé dans le monde entier. Aujourd’hui, on voudrait rentrer avec le statut qu’on a acquis pour faire quelque chose, pas juste pour rentrer.

O.N : J’ai joué pour la France, j’ai rapporté des médailles mais j’ai quand même à cœur de me mettre au service de l’Afrique. Maintenant, je ressens le besoin d’y aller, d’y emmener mes enfants pour qu’ils sachent d’où viennent leurs ancêtres.

Avez-vous la volonté de développer des activités en Afrique après avoir raccroché ?

K.N : Pour moi l’Afrique c’est la priorité. Mon avenir se trouve là-bas. Le dire comme ça c’est très faible et très en-dessous de ce que je ressens. Depuis toujours, j’ai à cœur de m’y investir. Il y a ce très beau terme « diaspora », c’est nous. Et nous avons cette mission de contribuer.

O.N : Très tôt. On a avait déjà des plans d’action.

K.N : Le sport est un domaine dans lequel on va pouvoir apporter une expertise pour le handball africain, ça c’est sûr. On a la légitimité de le faire.

O.N : Kevynn est moi sommes très conscients de ce mouvement de développement africain, on s’informe beaucoup dessus. Je n’en parle pas spécialement mais c’est très important pour moi, et je ne te parle pas de politique mais d’être acteur de ce développement, de mener des actions qui permettront d’améliorer la vie de nos congénères gens sur place.

K.N : On a des groupes avec des amis, des gens qualifiés, dans lesquels on échange sur ce qu’on pourrait faire pour contribuer à ce développement. Certains parmi eux ont déjà lancés des business qui fonctionnent sur place.

O.N : Ce ne sera pas forcément au Congo, ça peut se faire n’importe où sur le continent.

Personnalités en miroir…

Si vous deviez vous décrire l’un l’autre en 3 mots, lesquels seraient-ils ?

K.N : On est extrêmement différents, vous n’avez même pas idée. Lui est très logique, c’est un matheux.

O.N : Il est fort. Très fort, mentalement et physiquement.

K.N : Il est très sociable, par rapport à moi.

O.N : C’est une personne extrêmement déterminée. Quand il fait un choix il va jusqu’au bout et est capable d’accomplir des choses fantastiques.

K.N : C’est aussi un excellent cuisinier. Ce ne sont pas forcément les qualités qui le définissent le mieux mais si je dois en donner trois comme ça, ce sont celles-ci.

O.N : Il est aussi plein d’amour. De prime abord on le pense dur, les gens auront généralement un contact plus facile avec moi, mais c’est un homme plein d’amour.

Quels seraient les 3 sons qui constitueraient votre B.O ?

K.N : Sean Carter aka Jay-Z

O.N : J’aime beaucoup trop Jay-Z !

K.N : C’est l’artiste américain que j’admire le plus ! Je choisirai « Izzo »

O.N : Mon premier sera  Strech and Bobbito , c’est le son grâce auquel le public va découvrir Jay-Z. Ensuite, Tupac : Brenda’s got a baby… J’ai découvert Tupac super tard et c’était un mec hyper réel, un visionnaire.

K.N : Mon deuxième ; Grand Kas, qui a un son appelé « Dogon », en hommage à la tribu, ce son est pour moi un chant guerrier. Il me galvanise, je l’écoute avant les matchs.

O.N : C’est mon troisième ! Grand Kas, Dogon.

K.N : Mon dernier c’est La Lettre, des Lunatic. J’aimais tellement Lunatic que je réecrivais les textes. Je me souviens d’un jour où ma lampe était cassée et j’écrivais dans ma chambre, éclairé par la lumière de la télé, le texte de La Lettre, pour pouvoir le connaître par cœur.

Olivier Nyokas.

Le mot de la fin ?

K.N : Ne laisse jamais quelqu’un te dire que tu n’as pas le niveau, que tu n’es pas assez bon, que tu ne peux pas le faire.

O.N : Ayez foi. Avoir foi est ce qui donne la force de se tenir à une discipline. Si tu es honnête avec toi-même, tu sais en te levant le matin que tu ne devrais pas rester là à dormir parce que tu as des choses à faire.

K.N : Quand on était au centre de formation de Paris, on faisait déjà partie d’une certaine élite et même là-bas, des mecs nous disaient qu’on ne deviendrait jamais professionnels. Ces mêmes mecs m’appellent aujourd’hui pour me demander le maillot de l’Equipe de France.

O.N : Je pense que cette histoire de confinement, qui est très négative économiquement et qui va causer du tort à beaucoup de gens, va tout de même être bénéfique. On se croit tout-puissants, on recherche la croissance en permanence mais on a la preuve que tout peut s’arrêter. Ça nous appelle à un peu plus d’humilité et de relativisme.

 

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SK est la rédactrice/ journaliste du secteur Politique, Société et Culture. Jeune femme vive, impétueuse et toujours bienveillante, elle vous apporte une vision sans filtre de l'actualité.

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