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Affaire Kéziah : le CRAN saisi le défenseur des droits et se porte partie civile

Le 16 juillet 2020, Kéziah un jeune étudiant martiniquais venu participer à un rassemblement pacifique devant le commissariat de Fort-de France, est victime de violences graves de la part de gendarmes.

Affaire Kéziah : le CRAN saisi le défenseur des droits et se porte partie civile

La scène, particulièrement violente, est filmée et diffusée massivement sur les réseaux sociaux provoquant l’émoi général chez les martiniquais et les personnalités politiques.

Pour comprendre la gravité des faits reprochés, il faut évoquer l’interpellation choque de Kéziah, maîtrisé puis traîné au sol par plusieurs gendarmes avant d’être porté derrière leurs fourgons où il sera de nouveau battu.

Madly, sa mère est elle aussi victime de cette charge. Alors qu’elle tente de récupérer un tambour, un gendarme la fait chuter au sol, lui brisant l’avant-bras. C’est alors qu’elle entend les cris de son fils.

La vidéo disponible en ligne, témoigne entre autre, des hurlements de douleur de l’étudiant ainsi que d’une large mare de sang que les gendarmes tenteront de dissimuler après l’avoir transporté à l’intérieur du commissariat, où il perdra connaissance.

Il ne faudra pas moins de six heures à la famille avant d’obtenir sa prise en charge par les pompiers et conduit à l’hôpital. Le médecin sur place, explique alors à Madly que plusieurs examens médicaux seront nécessaires mais que vu l’heure tardive, il faudra attendre jusqu’au lendemain matin.

Pourtant dès 3h30 du matin, plusieurs gendarmes se présentent et demandent à “récupérer le prévenu” afin qu’il effectue sa garde à vue au commissariat de Fort-de-France. Malgré ses vomissements à répétitions, Il faudra plusieurs heures à ses avocats afin d’obtenir la fin de sa garde à vue.

Près de 24 heures plus tard le jeune étudiant ne sent plus les membres de son corps. Comme paralysé, il est ramené aux urgences par sa famille à l’hôpital où on lui refuse les examens recommandés lors de sa première admission. Ce n’est que face à la nouvelle mobilisation de la famille et d’un rassemblement pacifique et spontané de plus de 400 personnes, qu’il sera finalement hospitalisé et gardé en observation afin de reprendre les examens médicaux initialement stoppés par l’intervention des gendarmes.

Le 21 juillet, le procureur de la République saisi l’IGGN afin d’apporter toute la lumière sur cette affaire qui bouleverse la société martiniquaise. Le 31 juillet les avocats de Kéziah, dont Me Dominique Monotuka , déposent plainte pour “tentative de meurtre, actes de torture et de barbarie et insultes publiques à caractères raciste”.

Ghyslain Védeux, le président du CRAN conclu :

« Le CRAN prend toute la mesure de ce qu’il se passe actuellement en Martinique et apporte tout son soutien aux victimes de violences subies par les manifestants anti-chlordécone. Le CRAN a saisi le défenseur des droits et avec l’accord de la famille se constitue partie civile dans la cadre de la plainte déposée par leurs avocats. »

Source :

« ARRESTATION MUSCLÉE EN MARTINIQUE: LE CRAN SAISI LE DÉFENSEUR DES DROITS ET SE PORTE PARTIE CIVILE« , le-cran.fr/, publié le 5 août 2020

Panafricaniste dans l’âme, j’œuvre à mon humble niveau à réunir les membres de la grande famille africaine à travers le monde.

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