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Une mannequin avait menti en se présentant comme transsexuelle

Carissa Pinkston avait tenu des propos déclarant que les trans étaient différentes des femmes. Renvoyée de son agence de mannequin pour transphobie, elle s’était inventé cette identité de femme transsexuelle.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.media

Biologiquement femme, elle  prétend être transsexuelle

L’Américaine Carissa Pinkston, avait déclaré en juillet 2019 être une femme trans(sexuelle), c’est à dire une personne née avec un sexe masculin mais (ayant par la suite changé de sexe et) se considérant comme une femme.

Pinkston n’a pas inventé cette identité parce qu’elle se sentait ou aurait toujours souhaité être trans. Au contraire, deux ans avant les faits, la jeune femme avait tenu des propos jugés transphobes.

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Des propos jugés transphobes

Elle faisait par exemple part sur ses comptes Facebook et Instagram entre mai et juin 2019 de ses opinions suivantes.

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Carissa Pinkston « ‘Être transgenre ne fait pas de vous une femme. Cela fait de vous seulement une personne trans » ;  « Les femmes trans ne connaîtront jamais la douleur des crampes menstruelles, de la grossesse, etc, les femmes doivent être différenciées »; « Si les personnes trans peuvent dire qu’elles sont des femmes, je peux récupérer ma virginité. »

En mars 2017, l’écrivaine féministe nigériane Chimamanda Ngozi Adichie tenait des propos différenciant également les trans et les femmes.

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Chimamanda Ngozi Adichie : “Quand les gens demandent ‘Les femmes trans sont-elles des femmes’, mon opinion est que les femmes trans sont des femmes trans. Si vous vivez dans ce monde en tant qu’homme avec les privilèges que ce monde accorde aux hommes, et que vous changez ensuite de genre, il est difficile pour moi d’accepter que l’on puisse assimiler votre expérience avec celle d’une femme qui a vécu toute sa vie en tant que femme et qui n’a jamais bénéficié des privilèges accordés aux femmes. « 

Renvoyée de son agence pour ses propos

A la suite de ces propos, Adichie a été l’objet de violentes critiques sur le net l’accusant de transphobie et de nier la souffrance des trans avant leur changement d’identité ou de leur sexe.

Carissa Pinkston fut, d’après ses dires, également l’objet de violentes critiques de ce type, ainsi que des menaces de mort après ses propos sur les trans. Elle fut aussi renvoyée par son agence de mannequins Elite Management pour ses propos.

L’écrivaine nigériane avait refusé de s’excuser et maintint sa distinction entre femmes trans et femmes, tout en affirmant son soutien aux femmes trans.

La réaction de l’ancien mannequin de Fenty fut toutefois bien différente. Elle déclara le 23 juillet 2019 sur Instagram être en réalité une femme trans.

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« Je n’étais pas encore prête à passer aux aveux mais je me suis faite renvoyer et j’ai reçu des courriers haineux, je suis donc forcée de dire la vérité. Je suis transgenre. J’ai fait ma transition très jeune et j’ai vécu ma vie comme une femme depuis. »

Son mensonge dénoncé par certaines de ses connaissances, elle s’excusa le 27 juillet 2019 sur Instagram d’avoir menti : « Je demande pardon pour les remarques transphobes que j’ai pu faire envers la communauté trans. J’ai paniqué et j’ai pensé que si je faisais mon coming-out trans je pourrais améliorer les choses mais on dirait que je les ai juste fait empirer. Je suis vraiment désolée. J’ai seulement 20 ans et je suis humaine ».

Si le comportement de Pinkston n’était clairement pas celui d’une personne équilibrée, on peut s’interroger sur les raisons et les conséquences de ce type de comportement qui voit de plus fréquemment des personnes prétendant être victimes de discriminations et de souffrances qu’elles n’ont jamais connues.

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La victimisation : un phénomène d’une importance considérable

S’agit-il seulement d’une volonté de bénéficier d’une sorte de discrimination positive? D’une volonté narcissique d’attirer l’attention? D’une difficulté à supporter d’être qualifié d’oppresseur ‘naturel’ à travers son appartenance à une classe sociale ou sociétale jugée dominante? On remarquera que cette même revendication de victimisation conduit à la création de groupes et de communautés à la fois de gauche et de droite. Dans les dernières, elle est aussi à l’origine des mouvements identitaires, masculinistes, etc.

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