ECONOMIE

Trump exclut la Mauritanie de l’Agoa pour pratique d’esclavage

Donald Trump mettra fin « à l’admissibilité de la Mauritanie aux avantages en matière de préférence commerciale, en vertu de la loi sur la croissance et les perspectives économiques en Afrique (Agoa), en raison des pratiques de travail forcé ». Une annonce forte contre le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.

La Mauritanie exclue de l’Agoa

L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), ou Loi sur le développement et les opportunités africaines est une loi fédérale américaine adoptée en mai 2000 par le Congrès des États-Unis. Son objectif est de soutenir l’économie des pays africains qui suivent les principes de l’économie libérale en leur facilitant l’accès au marché américain.

Or, le président américain a estimé, à juste titre, que la Mauritanie était un mauvais élève. Ainsi, D. Trump a signé un décret début novembre qui pointe les pratiques de travail forcé et l’esclavage moderne. En conséquence, la Mauritanie sera exclue de l’Agoa à partir du 1er janvier 2019. Le Congrès américain mettra fin « à l’admissibilité de la Mauritanie aux avantages en matière de préférence commerciale, en vertu de la loi sur la croissance et les perspectives économiques en Afrique (Agoa), en raison des pratiques de travail forcé. »

Trump estime que « la Mauritanie ne progresse pas suffisamment dans la mise en place de la protection de droits des travailleurs. En particulier(…) dans la lutte contre le travail forcé, et notamment contre le fléau de l’esclavage héréditaire. »

Le représentant adjoint du Commerce, Charles J. Mahoney, persiste et signe.

« Le travail forcé ou obligatoire, tel que l’esclavage héréditaire, n’a pas sa place au XXIe siècle (..) Nous espérons que la Mauritanie travaillera avec nous pour éliminer le travail forcé et l’esclavage héréditaire, afin que son éligibilité à l’Agoa soit rétablie à l’avenir. »

Des sanctions symboliques

La sanction appliquée à la Mauritanie est la même qu’au Burundi, Soudan du Sud et RDC. Elle perdra de 32% à 36% des droits de douane sur les produits qu’elle exporte vers les États-Unis. Néanmoins, cette mesure est surtout symbolique car le pays exporte à peine quelques dizaines de millions de dollars de marchandises.

Avec environ 150 000 esclaves pour 3,8 millions d’habitants, la Mauritanie présente la plus grande proportion d’esclaves. La servitude d’une frange de la population se manifeste dans tous les secteurs, y compris, bien sûr, au niveau politique.. Il s’agit notamment des Haratines, « ceux qui ont été libérés » en dialecte arabe hassanya, c’est-à-dire les descendants d’esclaves. Selon l’IRA (Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste),les esclaves représenteraient aujourd’hui jusqu’à 20% de la population mauritanienne.

Rappelons que le président de l’IRA Mauritanie, Biram Dah Abeid, est retenu prisonnier à Nouakchott depuis début août. Biram Dah Abeid est tout de même parvenu à se faire élire député le 1er septembre, à l’issue du premier tour du scrutin législatif. Un premier mandat pour le président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste. Il est devenu l’un des opposants les plus virulents au chef de l’État, Mohamed Ould Abdelaziz. Pour la troisième fois, le militant anti-esclavagiste se retrouve en prison suite à des accusations sans fondement, et sans preuve. pour des accusations sans preuves.

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Sources:

Jeune Afrique

VoaAfrique