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Burundi : est-ce qu’on se dirige vers un scénario à la Burkina Faso ?

Politique

Burundi : est-ce qu’on se dirige vers un scénario à la Burkina Faso ?

Par Sébastien Badibanga

Le Burundi se rapproche de l’explosion. La Cour constitutionnelle a validé, ce mardi 5 mai, la troisième candidature à la présidentielle du chef de l’Etat sortant Pierre Nkurunziza. Au total, 13 manifestants ont déjà trouvé la mort lors des manifestations de ces derniers jours.

Doit-on s’attendre à un soulèvement comparable à celui qui s’est déroulé en octobre 2014 au Burkina Faso ? Une chose est sûre, le pays se rapproche de l’explosion. D’autant plus que la Cour constitutionnelle a validé, mardi 5 mai, la troisième candidature à la présidentielle du chef de l’Etat sortant Pierre Nkurunziza.

De quoi raviver les braises : les Burundais manifestent contre la décision du président sortant de se présenter à sa propre succession. En effet, il a été investi par le parti CNDD-FDD, le 25 avril dernier. Pourtant, la Constitution limite les candidats à deux mandats présidentiels.

D’où la fronde du peuple et de l’opposition. Ils reprochent au pouvoir de ne pas respecter les institutions du pays ni l’accord de l’Arusha, signé en 2000, qui a mis fin à la guerre civile (1993 – 2006) et régit l’actuelle Constitution.

Juges menacés de mort

Depuis la désignation de Pierre Nkurunziza, la tension est à son comble à Bujumbura, la capitale burundaise. En neuf jours de contestation populaire, au moins 13 manifestants ont été tués par les forces de l’ordre.

Selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), 24 000 Burundais ont fui au Rwanda et 7 000 autres sont partis en République démocratique du Congo (RDC).

Tout porte à croire que le Burundi se trouve en état de guerre. Pour preuve, les juges de la Cour constitutionnelle auraient été menacés de mort pour les contraindre à autoriser le président sortant à présenter une troisième candidature pourtant interdite par la Constitution. « En mon âme et conscience, j’ai décidé de ne pas apposer ma signature sur un arrêt, une décision qui carrément est à côté de la loi et qui a été imposée de l’extérieur, qui n’a rien de juridique », a déclaré à l’AFP son vice-président Sylvère Nimpagariste.

Pierre Nkurunziza et Blaise Compaoré, même combat ?

Le président sortant Pierre Nkurunziza a été élu par le Parlement en 2005, puis réélu en 2010 à la régulière. Ses partisans estiment que sa nouvelle candidature est légitime puisqu’il ne s’est présenté qu’une seule fois au suffrage universel.

Ce scénario rappelle quelque peu les évènements qui se sont déroulés au Burkina Faso, en octobre 2014. Pour rappel, le chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré a été contraint à la démission après une tentative forcée et avortée de réviser la Constitution afin de rester au pouvoir. Le soulèvement considérable de son peuple a été plus fort que son attachement à la présidence.

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