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Quand Obama se sert de « Luther » pour déconstruire un stéréotype raciste

Politique

Quand Obama se sert de « Luther » pour déconstruire un stéréotype raciste

Par Sébastien Badibanga

Comme tous les ans, Barack Obama a assisté, samedi, au traditionnel dîner de l’association des correspondants accrédités à la Maison Blanche. L’occasion pour le 44e président des Etats-Unis de se moquer des républicains, d’Hillary Clinton et de battre en brèche un vieux stéréotype raciste bien ancré dans la société américaine.

Tout le monde en a pris pour son grade. En effet, Barack Obama n’a épargné personne à travers son « one-man-show » annuel lors du traditionnel dîner de l’association des correspondants accrédités à la Maison Blanche, qui s’est déroulé samedi à l’hôtel Hilton de Washington.

Comme le veut la tradition, le premier Noir président des Etats-Unis a distillé des blagues à tout va envers des cibles de choix. Cette année, le locataire de la Maison Blanche a dirigé son pistolet vers la députée républicaine Michelle Bachmann, la candidate à la primaire démocrate pour la présidentielle Hillary Clinton et Fox News, entre autres.

Le président Obama, en passe de conclure un accord historique avec l’Iran, a déclaré : « La fin des temps bibliques. Voilà un accomplissement ! Lincoln, Washington, ils n’ont pas réussi ça ! ». Histoire de répondre à Michel Bachmann qui avait prédit récemment que la politique de réchauffement avec l’Iran allait déclencher la fin des temps.

Surprise. Le 44e président des Etats-Unis a réservé une petite punchline à son ancienne secrétaire d’Etat, Hillary Clinton. « J’avais une amie, il y a quelques semaines, elle gagnait encore des millions de dollars par an. Et maintenant elle se retrouve à vivre dans une camionnette dans l’Iowa », a-t-il dit.

En fait, l’épouse de Bill Clinton se positionne comme la représentante de la classe moyenne américaine. Du coup, Obama la surnomme « championne » de la classe moyenne.

Obama flingue le racisme

Mais, le moment le plus marquant de son sketch intervient à l’apparition de « Luther », personnage inventé par la chaîne Comedy Central pour l’émission satirique « Key and Peele ». Il s’agit d’un « traducteur de colère » noire censé représenter l’ire d’un homme Afro-Américain envers la communauté blanche, un stéréotype raciste bien ancré dans la société américaine.

Barack Obama s’en sert alors pour déconstruire ce racisme primaire. Concrètement, lorsque le locataire de la Maison Blanche affirme que « le dîner de la presse est important dans un monde en mutation », Luther traduit : « Serrez vos petites fesses blanches. » Et, quand l’homme le plus puissant du monde souligne qu’il porte sa confiance à la presse pour faire honnetement son travail, le personnage humoristique renchérit : « Et comptez sur Fox News pour terroriser les Blancs avec des insanités. »

Puis, le premier Noir président des Etats-Unis fait mine de se mettre véritablement en colère pour contredire sa « doublure ». Objectif : montrer qu’il n’est pas tributaire des dires de la presse comme le prétend Luther.

Enfin, pour ne pas déroger à la règle, une autodérision ne fait pas de mal : « Ce n’est pas facile d’être président. Réformer le système d’immigration. Menacer de mettre son veto. Négocier avec l’Iran. Tout cela en trouvant le temps de prier cinq fois par jour… »

A Cecily Strong, la comédienne de l’émission « Saturday Night Live », choisie pour animer la partie divertissement de ce dîner annuel, d’en rajouter une couche. « Les agents des services secrets sont les seuls membres des forces de l’ordre qui auront vraiment des problèmes si un Noir est abattu », lache-t-elle. Et de conclure : « Les cheveux d’Obama sont maintenant tellement blancs qu’ils peuvent se permettre de répondre aux policiers. »

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