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Génocide des Tutsis au Rwanda : déclassification des archives françaises

Politique

Génocide des Tutsis au Rwanda : déclassification des archives françaises

Par Sébastien Badibanga

La présidence française a annoncé mardi 7 avril 2015, jour de commémoration du 21e anniversaire du génocide des Tutsis, la déclassification de ses archives sur le Rwanda de 1990 à 1995. Les autorités rwandaises jubilent mais espèrent que la transparence sera totale.

Les archives françaises sur le Rwanda de 1990 à 1995 vont être déclassifiées. C’est la présidence française qui l’a annoncé, mardi 7 avril 2015, jour de commémoration du 21e anniversaire du génocide des Tutsis.

« Le secrétaire général (Jean-Pierre Jouyet, ndlr) avait signé la décision portant sur la déclassification des archives des documents de l’Elysée relatifs au Rwanda entre 1990 et 1995, a appris l’AFP de l’entourage de la présidence française, rapporte Jeune Afrique. Le président François Hollande devait faire preuve de transparence et faciliter le travail de mémoire sur cette période sans que cette décision ne soit rendue publique », précise l’entourage du chef de l’Etat, ajoute le site du magazine.

Le Rwanda salue cette exigence de « vérité et de transparence »

L’annonce de la déclassification des archives françaises a mis tout le monde d’accord. Aussi bien les chercheurs, associations ainsi que le gouvernement rwandais ont salué cette décision.

« Depuis plusieurs années, la France a soufflé le chaud et le froid face à la responsabilité de certains de ses ressortissants dans la répartition et le déroulement du génocide », réagit l’association SOS Racisme. Or, « le respect dû aux victimes de ce drame tout autant que la reconstruction des rescapés ne peuvent que se faire que par une exigence de vérité et de transparence (…) », affirme-t-elle.

Au Rwanda, on se félicite de ce premier pas historique.  « Peut-être cela va-t-il finalement rendre accessible ce qui se passait à l’époque et éclaircir les nombreux points noirs ou gris laissés en suspens jusqu’ici », déclare Johnston Busingya, ministre rwandais de la Justice.

Ce n’est pas la fin des procédures judiciaires

La présidence française souligne qu’il ne s’agit que d’une première étape d’ouverture des archives françaises. Elle sera suivie par l’ouverture des archives de l’Assemblée nationale et des ministères des Affaires étrangères et de la Défense.

Du côté rwandais et des associations des victimes, on espère que des documents cruciaux n’aient pas été expurgés des fonds mis à leur disposition.

Il y a lieu de signaler que cette déclassification n’annule pas les procédures judiciaires engagées pour crime contre l’humanité.

En tout cas, la décision des autorités françaises pourrait réchauffer les relations diplomatiques, tendues, entre Kigali et Paris.