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Burundi : Violentes manifestations contre le troisième mandat du président sortant

Politique

Burundi : Violentes manifestations contre le troisième mandat du président sortant

Par Sébastien Badibanga

Depuis trois jours, les Burundais manifestent contre la candidature du président sortant Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat. L’ONU vient d’envoyer un émissaire dans le pays car le conflit social s’enlise.

« Non au troisième mandat ». C’est la pancarte que brandissent les manifestants burundais qui s’opposent à la nouvelle candidature du président sortant Pierre Nkurunziza à l’élection présidentielle.

« Ce mardi 28 avril au matin, la fermeture de la RPA était devenue l’un des problèmes évoqués par les manifestants : Rendez-nous la RPA, rapporte RFI Afrique. Alors qu’ils érigeaient une barricade avec toujours ces pneus en flammes et ces pierres, les manifestants ont scandé RPA, RPA, Radio publique africaine, mais aussi Libérez notre cher Mbonimpa – Pierre-Claver Mbonimpa, figure des droits de l’homme au Burundi arrêté lundi et libéré ce mardi, précise le site internet de la radio. » Les autorités accusent cette radio d’inciter au soulèvement.

Sa fermeture traduit la tension qui règne dans la capitale burundaise. Effectivement, cela fait maintenant trois jours que le climat est tendu dans certains quartiers de Bujumbura. Par exemple, Musaga, au sud de la ville, se trouve sous haute tension. Des dizaines de policiers se sont affrontés avec des jeunes assis au milieu de la route puis ils ont été dispersés par les camions antiémeutes à jets d’eau. Ces derniers ont finalement quitté les lieux les bras en l’air en chantant l’hymne national.

On se dirige vers un scénario à la Burkina Faso ?

L’opposition burundaise s’oppose au troisième mandat du président sortant Pierre Nkurunziza. Et pour cause ? La Constitution du pays limite les candidats à deux mandats. Le président du parti Frodebu Nyakuri, Jean Minani, avait même déclaré : « J’appelle tous les Burundais et Burundaises, à venir tous, démontrer leur refus au piétinement de la Constitution et de l’accord de l’Arusha pour la paix et la réconciliation. »

Son idée, c’est de ne pas lâcher du lest jusqu’à ce que le chef de l’Etat burundais renonce à sa nouvelle candidature. On comprend mieux pourquoi les manifestants sont si remontés.

De son côté, le parti au pouvoir se justifie : « Dans le but de protéger les populations et de mettre fin aux violences observées pendant ces manifestations, la force de défense nationale a été réquisitionnée », affirme le général Prime Niyongabo, chef d’Etat-major de l’armée burundaise.

Du coup, le secrétaire général de l’ONU a envoyé un émissaire sur place en vue de ramener le calme.