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Présidentielle au Congo : Des femmes manifestent contre la modification de la Constitution

Politique

Présidentielle au Congo : Des femmes manifestent contre la modification de la Constitution

Par Sébastien Badibanga

A 16 mois de l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville, des milliers de femmes ont manifesté dimanche dans la capitale contre la modification de la Constitution. Selon elles, cela pourrait entraver la paix.

La paix et la liberté de la presse sont-elles menacées en République du Congo ? Des milliers de Congolaises ont manifesté dimanche à Brazzaville pour vanter les mérites de ces acquis sociaux qui seraient menacés par une éventuelle modification de la Constitution.

« Le sang a déjà assez coulé dans notre paysFace aux divergences d’opinions dues au changement de la constitution, nous avons pensé qu’il fallait prévenir, essayer d’avertir et de mettre en garde nos frères et nos politiques sur le fait que la femme veut la paix », a déclaré à l’AFP Ines Ingani, présidente de l’association Actions innovatrices pour la paix et le développement culturel, rapporte Oeil d’Afrique. Et d’ajouter : « En organisant cette marche, nous avons fermé nos frontières à l’incitation à la violence, nous voulons prendre nos responsabilités. »

congo-Brazza

Denis Sassou-Nguesso à la manoeuvre ?

Au total, plus d’une dizaine de milliers de personnes étaient attendues dimanche sur le boulevard Alfred Raoul. En cause, les tentations de plusieurs candidats à l’élection présidentielle de modifier la Constitution. Au premier rang desquels, le président sortant, Denis Sassou-Nguesso lui-même qui termine son deuxième et dernier mandat.

Selon la loi congolaise, le chef de l’Etat ne peut pas briguer un troisième mandat. D’où l’inquiétude de ces milliers de femmes descendues dans les rues afin de préserver la paix. Ainsi, la Fédération congolaise des droits de l’homme (Fecodho) et le Forum de la société civile pour des élections libres et transparentes (Fosocel) appellent-elles à l’organisation d’un dialogue républicain, à l’établissement de la carte biométrique pour chaque électeur ainsi qu’à la préservation de la liberté de la presse.

A la fin de la manifestation, un cahier de doléances a été remis au préfet de Brazzaville qui le transmettra au président congolais, potentiel candidat à sa propre succession à la présidentielle de 2016.