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Entretien avec Olivier Kissita, Mister Afrique France 2015

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Entretien avec Olivier Kissita, Mister Afrique France 2015

Par SK

Olivier Kissita est le  premier Mister Afrique France. Le  sacre a eu lieu samedi 14 mars, au Palais des Congrès de Montreuil (Seine-Saint-Denis), en compagnie de seize candidats majestueux et de plusieurs artistes.Un événement organisé par l’association Boomer Events et une première en France.

Si on connaissait  les élections de miss représentant leur pays d ’origine, celle-ci consacre un homme, qui représente toute la diaspora africaine. Le Maghreb et les îles étaient également conviés à cette compétition qui plus que récompenser la beauté, distinguait également un projet concret pour venir en aide aux populations africaines.

L’occasion de faire la lumière sur une association dynamique et, de s’entretenir en exclusivité avec le charmant représentant de notre diaspora.

 

 Olivier Kissita: Je souhaite vraiment que la diaspora puisse renouer et consolider son lien avec le continent.

Qui es-tu?

Je m’appelle Olivier Kissita, j’ai 27 ans et habite Paris. Originaire du Congo Brazzaville, je suis acteur et réalisateur. C’est le Comité qui m’a contacté. J’ai tout de suite été intéressé parce que je n’avais jamais entendu parler de ce type d’élection avant. Ensuite, je me suis renseigné sur l’association Boomer Events et ça m’a plu d’envisager de travailler avec une structure dynamique et jeune.

Le Mister Afrique France 2015 est-il un cœur à prendre ?

Oui.

Comment ta  famille à réagi à ton sacre ?

J’ai la chance d’avoir une famille et un entourage qui me soutiennent de façon inconditionnelle et qui sont très fiers de moi. C’est drôle parce qu’on ne se rend pas compte du symbole que ça représente pour les autres.

Parle-nous de ton projet.

J’aimerai réaliser un long-métrage. On pense très peu aux œuvres artistiques, alors que je crois que le cinéma a un impact incroyable et sous-estimé par la population. Sans les images la société ne serait pas ce qu’elle est. Quand je pense à mon long-métrage, je regarde dans toutes les industries cinématographiques les plus dynamiques (Hollywood, Bollywood, Nollywood, Hong-Kong, etc…). Dans ces films là on valorise la société et le modèle du pays, c’est l’image que je veux véhiculer du Congo et de l’Afrique en général.

Quels sont tes rapports avec le Congo ?

Malheureusement je n’y suis jamais allé. Alors quand  j’ai su que l’un des prix était un voyage dans le pays d’origine, j’ai été très touché. Mon projet sera en partie réalisé au Congo Brazzaville parce que je veux pouvoir restituer de manière fidèle certains événements africains « oubliés », parfois occultés, mais fondamentaux dans l’histoire du monde. Je souhaite vraiment que la diaspora puisse renouer et consolider son lien avec le continent. Surtout avec les nouveaux enjeux posés par la mondialisation. Je veux que toute la diaspora africaine puisse être fière de ses origines et qu’il y ait une réelle industrie cinématographique africaine. C’est vrai qu’il y a Nollywood, mais ce n’est que pour le Nigeria. A travers mon film je veux insuffler ce dynamisme car le cinéma est un outil de communication exceptionnel et qu’il faut capitaliser dessus. Grâce à l’association, je vais recevoir une aide incommensurable. Si nous unissons nos savoirs faire, nous pouvons réaliser quelque chose d’incroyable, là où seul, j’aurai créé quelque chose de minime.

Pourquoi est-ce important pour toi d’aider concrètement le continent ?

Dans mon travail il ya toujours un message. En règle générale, je crois que les artistes ont un devoir car ils ont la possibilité de s’exprimer face à un auditoire important. Moi, je défends plusieurs causes et il ya de nombreux sujets sur lesquels j’ai des choses à dire. Je me sers donc de ce luxe de pouvoir faire de ma passion mon travail, pour diffuser des messages. En revanche, il faut faire attention à ne pas se disperser dans les différentes cause et ça doit rester ludique. Quoiqu’il en soit, c’est une évidence pour moi de me rendre utile à l’Afrique.

Comment pensez-vous pouvoir agir concrètement au Congo ?

Je ne veux pas entrer en conflit avec les gens. Je suis plutôt dans l’unité. Quand je pense au Congo je pense au royaume Kongo, quand je pense à l’Afrique je pense à Kama qui est le nom originel. Je suis dans ce rapport là, donc en dépit des nombreuses problématiques politiques, géopolitiques, économiques et sociales, je pense que chacun a son rôle à jouer. J’aimerai effectivement pouvoir améliorer les choses à mon échelle en essayant de changer les mœurs grâce à mes films. Evidemment, on ne va pas changer le monde. L’Afrique est le continent des paradoxes, le continent le plus riche en termes de matières premières et de potentiel mais  le plus pauvre en termes de développement. Face à ces enjeux, il faut qu’on puisse réfléchir et bouger ne serait-ce qu’un grain de sable.

Etais-tu déjà engagé dans le milieu associatif ?

Oui, dans plusieurs associations, notamment dans « Les lumières de la Casamance ». Les projets humanitaires consistaient à la construction de puits et à l’envoie de vêtements et de livres.

Où peut-on te retrouver ?

Sur ma chaîne et ma page Youtube : Oliver K, et mon site internet où je poste pas mal de mes réalisations.

Que pensez-vous d’une initiative telle que NOFI?

On connaît la marque Noir&Fier. Ce sont des valeurs qui sont mise en avant, c’est une fierté noire revendiquée. Je ne suis pas excessivement communautaire mais je veux que la population africaine se développe et je suis sûre que pour le faire elle ne doit rien attendre de personne. Elle doit se prendre en main seule, après il ya du bon à prendre partout. Ce qui est délicat c’est que chez les autres, ça induit  tout de suite une exclusion. Alors que je ne pense pas qu’il faut le voir comme ça.

james         hans

Félicitation également à James Correa, premier dauphin, d’origine sénégalaise et à  Hans Ismaël Kondossama, deuxième dauphin, d’origine ivoirienne.

 3 questions à Audrey Mampuya, présidente de l’association Boomer Events et présidente du comité mister Afrique France.

Quels étaient les critères à remplir pour prétendre à al couronne ?

  • La beauté, évidemment parce que le Mister doit être à l’aise et à l’aise et avoir confiance en lui.
  • Avoir entre 18 et 30 ans
  •  Mesurer  1,80m au minimum, au pire 1,78m (rires)
  • Avoir  au moins un des deux parents originaire d’un pays d’Afrique. L’Afrique dans sa globalité, y compris le Maghreb et les îles.
  • Porter un projet qui propose une aide réelle aux populations concernées, et qui ne soit pas uniquement motivé par un intérêt personnel.

 

Qu’est-ce que Boomer Events ?

Un association créée à Melun en 2013.La première mission de Boomer Events est d’organiser des événements pour les jeunes en banlieue, essentiellement dans l’Essonne et la Seine et Marne. On voulait  éviter aux gens d’aller jusqu’ à Paris pour trouver des soirées ou des animations.

audrey

Pourquoi vouliez-vous mettre en place cette élection ?

On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’élections de Miss, mais pas de Mister. C’était important pour nous de parler de l’Afrique en général, sans exclure aucun pays. On voulait montrer aux gens que les hommes d’origine africaine ne sont pas seulement beaux ou destinés au football et au mannequinat. Pouvoir mettre en avant des causes pour l’Afrique représentait une aubaine autant pour eux que pour nous. Le projet sera celui d’Olivier et il le poursuivra même après son mandat.

 

Est-ce que vous avez des contacts sur place ?

Nous sommes en contact avec certaines associations basées en Afrique, dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun, les deux Congo, le Bénin et la Centrafrique. La compagnie aérienne congolaise Ecair est notre partenaire privilégié.

 

Suivez les actions du comité et du mister sur:  Mister Afrique France ComitéOfficiel, Twitter : Mister Afrique et Instagram.