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Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo écope de 20 ans de prison

Politique

Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo écope de 20 ans de prison

Par Sébastien Badibanga

La Cour d’Assises d’Abidjan a rendu son verdict : l’ancienne Première dame ivoirienne est condamnée à 20 ans de prison. Elle était accusée d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de participation à un mouvement insurrectionnel et de troubles à l’ordre public pendant la crise postélectorale de 2010-2011 qui a causé la mort d’au moins 3000 personnes.

On pouvait s’attendre à une peine très sévère. Accusée d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de participation à un mouvement insurrectionnel et de troubles à l’ordre public pendant la crise postélectorale de 2010-2011, qui a causé la mort d’au moins 3000 personnes, Simone Gbagbo écope de 20 ans de prison. C’est le verdict rendu mardi par la cour d’Assises d’Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire.

« 20 ans de prison et 10 ans de privation de ses droits civiques. Tout comme aux deux militaires, le vice-amiral Vagba Faussignaux et le chef de la Garde républicaine, le général Brunot Dogbo Blé », indique RFI.fr. Et de préciser : « Le choc est rude, on peut le dire, pour Simone Gbagbo, qui apparemment, d’après l’un de ses avocats, a accusé le coup à l’énoncé du verdict. »

D’autant plus que le parquet général n’avait requis « que » 10 ans de prison à l’encontre de l’épouse de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.

Procès politique ?

Avant même le début du procès, en février, l’avocate de Simone Gbagbo dénonçait un procès partial. « Je pense que c’est un procès qui n’est pas à la hauteur des enjeux ne serait-ce que pour les victimes », avait déclaré Habiba Touré, dénigrant les preuves de culpabilité présentées contre sa cliente.

L’ancienne Première dame, elle-même, rejette la faute à la France. A la barre, elle avait taclé Nicolas Sarkozy (président de la République française entre 2007 et 2012, ndlr) qui a, à l’entendre, enfreint les prérogatives de l’ONU en donnant l’ordre à l’armée française de bombarder la résidence présidentielle.

Ce sentiment d’injustice s’est fait entendre au moment de l’annonce de la sentence. Pour manifester leur colère, certains des 82 co-accusés ont chanté l’hymne national pour accompagner la sortie du président de la cour d’Assises. Ils ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils se pourvoiront en cassation.