SOCIÉTÉ

Un homme retrouvé pendu dans sa cellule en Belgique : indignation de la communauté africaine

En région bruxelloise, Dieumerci Kanda, un père de famille âgé de 40 ans et d’origine angolaise et congolaise était découvert dans un état critique après avoir subi une pendaison avec son tee-shirt dans sa cellule de dégrisement. Il mourut quelques temps après aux urgences.

Il était venu porter plainte pour vol au commissariat d’Anderlecht. Toutefois, en état d’ébriété, les policiers bruxellois ont jugé bon de l’arrêter et de le placer en cellule de dégrisement…apparemment sans le surveiller. Lorsqu’ils décidèrent de le faire Dieumerci Kanda était retrouvé pendu avec son tee-shirt. Plusieurs des proches de la victime et de membres de la communauté congolaise ont déclaré ne pas croire à la thèse du suicide (la victime n’ayant a priori aucune raison de se suicider) et vouloir connaître « toute la vérité sur cette affaire ». Certains d’entre eux s’étaient rassemblés avant hier devant la Mairie d’Anderlecht avant que des badauds ne viennent perturber cette manifestation pacifique, brisant avec des projectiles des vitres du bâtiment.

Deux questions ont été posées à la suite de cette mort tragique. La première était de se demander si l’homme avait réellement cherché à mettre fin à ses jours. Une enquête ouverte à ce sujet a été ouverte puis clôturée, concluant à un suicide, le médecin légiste n’aurait détecté aucune trace d’intervention d’une autre personne et les caméras de surveillance ayant filmé intégralement le séjour en cellule de la victime. Contrairement aux accusations de plusieurs manifestants et à moins de nous trouver dans un scénario à la Détective Conan, Dieumerci Kanda n’aurait donc pas été victime de bavures policières. Toutefois, la caméra qui a filmé la préparation de la pendaison de Kanda pendant vingt minutes et qui montre que les policiers n’ont découvert le corps de l’homme mourant qu’après trente minutes amène plusieurs questions, justement soulevées par l’avocat de la veuve de Dieumerci Kanda. Maître Alexis Deswaef, également président de la Ligue des Droits de l’Homme et contacté par nos confrères de dhnet.be se serait porté partie civile pour « traitement inhumain et dégradant, détention arbitraire, abus d’autorité, non-assistance à personne en danger, coalition de fonctionnaires, racisme et discrimination et « toute autre infraction qu’il vous plaira de retenir » ». Il soulève en outre le problème de la légalité de l’incarcération de Kanda.

Cette tragique affaire soit ou non motivée par le racisme ou la négrophobie comme certains l’affirment, elle soulève en tout cas un problème relatif aux Noirs en Belgique dont beaucoup ne semble pas avoir confiance en la partialité de la justice de leur pays envers leur communauté. Cette tension ethnique semble d’ailleurs confirmée par de nombreux commentaires relatifs à cette affaire sur de nombreux sites d’informations belges.

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