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Sarkozy : l’Islam doit s’adapter aux valeurs de la République

Politique

Sarkozy : l’Islam doit s’adapter aux valeurs de la République

Par Sébastien Badibanga

L’ancien président, celui qui voulait nettoyer les cités « au karcher », revient sur ses premières amours : l’identité nationale. Fustigeant un « modèle d’intégration qui a explosé », le patron de l’UMP plaide pour un « Islam de France ».

Sarkozy relance son sujet favori : le débat sur l’identité nationale. « La France, tu l’aimes ou tu la quittes », avait lancé en 2005 l’ancien ministre de l’Intérieur. Samedi matin, au Conseil national de l’UMP, l’ex-président français est revenu sur ses anciennes amours en plaidant en faveur de l’Islam de France aux dépens d’un « modèle d’intégration qui a explosé ».

A l’entendre, le débat sur l’identité nationale qu’il a initié en 2005, au moment des émeutes de banlieue, qui était justifié il y a dix ans, est d’autant plus nécessaire aujourd’hui, suite aux attentas de Paris qui ont causé la mort de 17 personnes, dont 12 journalistes de Charlie Hebdo. Et de tancer les cadres de l’UMP qui lui avaient reproché d’initier un débat sur ce thème explosif. Sans oublier de rappeler l’autisme de l’opposition de l’époque : la gauche.

Le patron de l’UMP admet néanmoins avoir commis une « erreur » en confiant « l’Identité nationale » au Ministère de l’Intérieur au lieu de la rattacher au Ministère de la Culture. Cela dit, l’instigateur du Conseil français du culte musulman (CFCM) estime que ce sujet préoccupe la société française tout comme celui qui concerne l’immigration.

burqa

Sarkozy divise l’UMP

A l’UMP, Nicolas Sarkozy ne fait pas l’unanimité. Si tout le monde s’accorde à concéder que la maîtrise des flux migratoires est une priorité ainsi que le respect des valeurs de la République, l’assimilation louée par l’ex-président fait débat.

En effet, Xavier Bertrand rejoint l’ancien locataire de l’Elysée en soulignant qu’il faut « une tolérance zéro » pour ceux qui ne « respectent pas les lois de la République », rapporte LeFigaro.fr. Et de préciser : « Nous savons très bien que l’interdiction de la Burqa, que nous avons votée – et c’est tout à notre honneur – n’est pas appliquée partout en France » […] « L’UMP va devoir faire preuve de finesse, d’intelligence, d’acuité dans le choix des mots pour s’adresser à ces gens-là (qui portent la Burqa malgré son interdiction, ndlr), qui sont en majorité Français », préconise le député de l’Aisne.

Cependant, l’assimilation prônée par Sarkozy divise l’UMP. Et pour cause : il rejette l’intégration qui signifie, selon lui, « Je viens comme je suis », afin de privilégier « l’assimilation (qui) suppose l’acquisition de la langue et une appropriation de la culture, de l’histoire, du mode de vie du pays qui vous accueille », fait savoir LeFigaro.fr. Une vision du patron de l’opposition qui ne convainc pas le candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2017 Alain Juppé. Pour lui, l’assimilation est une conception « moralement et humainement critiquable et désormais inopérante ».

De plus, Sarkozy prévoit de consulter les responsables du CFCM pour voir avec eux non pas « ce que la République est prête à faire pour s’adapter à l’Islam, mais comment faire pour que l’Islam en France soit un Islam de France ».

cfcm

Sarkozy, meilleur apôtre de l’assimilation ?

La question s’impose. Est-ce que Nicolas Sarkozy est le meilleur apôtre de l’assimilation ? Rien n’est moins sûr. Rappelons les déclarations tonitruantes de l’ancien ministre de l’Intérieur, en 2005, sur le nettoyage des cités « au karcher ».

En 2007, le candidat à l’élection présidentielle avait entre autres affirmé sur la chaîne privée TF1 : « La France, tu l’aimes ou tu la quittes ». Autre phrase fracassante : « Personne n’est obligé, je le répète, d’habiter en France. Mais quand on habite en France, on respecte ses règles. C’est-à-dire, qu’on n’est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur les filles, on n’égorge pas le mouton dans son appartement. »

Au vu de ses déclarations, le moins que l’on puisse dire c’est que l’ex-président a une façon particulière de concevoir l’assimilation.