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RDC: « Kabila ne briguera pas un troisième mandat »

Politique

RDC: « Kabila ne briguera pas un troisième mandat »

Par Sébastien Badibanga

Dans une interview accordée à France 24, lundi 26 janvier, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende est revenu sur les manifestations meurtrières de Kinshasa. Pour lui, les autorités de la RDC ne sont pas responsables de toutes ces morts. Et de balayer d’un revers de main un scénario comparable à celui de Blaise Campaoré au Burkina-Faso, affirmant que Joseph Kabila ne briguera pas un troisième mandat.

Interrogé par France 24, Lambert Mende, le ministre congolais de la Communication a tenu à redorer le blason du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC). A entendre le porte-parole, le Parlement congolais a entendu les doléances du peuple et n’a aucune intention de violer la constitution. Pour lui, tout est rentré dans l’ordre et il n’y a aucune raison que le scénario de type Burkina-Faso se produise en RDC.

« L’Assemblée nationale est allée encore plus loin décidant de retirer l’alinéa 3 de l’article 8 de cette loi (électorale, ndlr) qui a provoqué une poussée de fièvre entre les Congolais. Pour rien au monde, la majorité n’aurait souhaité que les Congolais se rentrent dedans, que ça aille jusqu’à des débordements qui ont causé la mort de plusieurs personnes. Il y a même eu des pillages […] notre intention n’était certainement pas de violer la constitution », a déclaré Lambert Mende, lundii 26 janvier, sur la chaîne française d’information. Et de poursuivre :  « Nous savons ce qui s’est passé au Burkina-Faso. Ça n’a rien de comparable à ce qui s’est passé à Kinshasa où le débat parlementaire a eu lieu. Je vous rappelle tout de même qu’au Burkina le Parlement n’a même pas pu commencer à se réunir. Peut-être qu’en RDC, l’Etat existait mieux qu’à Ouagadougou puisque le Parlement s’est réuni et a terminé son travail en adoptant une loi. De plus, le dialogue a prévalu en République démocratique du Congo et on n’a pas compté les mêmes foules comme au Burkina. Pour conclure, la RDC n’est pas le Faso. » « Ceux qui voulaient faire du Congo un nouveau Burkina-Faso ont eu tout faux », insiste-t-il.

Même pas peur…

Les manifestations de Kinshasa se sont étendues dans tout le pays. Selon les sources, le nombre de morts varie de 14 (gouvernement) à 42 (Fédération internationale des droits de l’Homme) morts. Par ailleurs, l’opposition appelle à poursuivre pacifiquement le mouvement. Pas de quoi effrayer le gouvernement congolais.

« Nous ne travaillons pas sur le mode de la peur ! », s’exclame le ministre de la Communication. « Pourquoi il y a le Plan Vigipirate à Paris depuis qu’on a tué des gens à Charlie Hebdo ? Pourquoi on envisage des mesures de contrôle de l’Internet ? C’est parce que le gouvernement français a peur ? » s’interroge-t-il. Et d’y répondre : « Il y a une responsabilité du gouvernement à maintenir l’ordre public, à maintenir la sécurité. Quand nous prenons ces décisions, c’est parce que nous avons un devoir à accomplir, d’arrêter les criminels pour mettre fin au désordre public. » « Nous ne vivons pas par la crainte des manifestations », précise-t-l, poursuivant :  « Monsieur Tshisekedi a le droit de faire part de ses revendications. Nous allons y répondre positivement ainsi qu’à l’appel au dialogue du chef de l’Union pour la démocratie et pour le progrès social (UDPS) mais pas pour remettre en cause les élections de 2011. »

Respect de la constitution

Répondant à une question sur la constitution, posée par la journaliste de France 24, Lambert Mende s’emporte : « Le président Kabila avait déjà affirmé qu’il respecterait la constitution. Vous les médias vous préférez faire confiance à l’opposition au lieu de croire le chef de l’Etat congolais. Je trouve ça foncièrement injuste », s’offusque-t-il. « Nulle part, le président a introduit une disposition dans la constitution pour lui permettre de rester au pouvoir », fait-il savoir.

Cependant, le peuple congolais n’est pas pour autant rassuré. Et pour cause, le climat reste tendu en RDC. Mais surtout, cela fait déjà 14 ans que Kabila fils occupe le pouvoir sachant que l’élection présidentielle de 2011 a été émaillée de fraudes avérées. Contactés par Nofi.fr, quelques représentants de la diaspora congolaise de Paris exhortent leurs compatriotes à poursuivre le mouvement jusqu’au départ du chef de l’Etat.

KABILA

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