Le Bouquet Africain de Thema

Mascarade et vaudeville au lendemain des attentats de Charlie Hebdo

Politique

Mascarade et vaudeville au lendemain des attentats de Charlie Hebdo

Par Redaction NOFI

Une tragédie, plus d’une dizaine de morts et le bal comique des présidents africains : un triptyque qui résume assez bien l’arrivée des chefs d’état africains et leur participation à la marche républicaine.

Par Cécilia E. Wilson

On se demande comment le président béninois, ému aux larmes, a pu décréter une journée de deuil national dans son propre pays pour Charlie alors même qu’à ses frontières le groupe terroriste Boko Haram a allègrement massacré 2000 personnes, et engendré un déplacement massif de population vers le Cameroun voisin. La ville de Baga a été rasée et 15 autres villages ont été incendiés. Les corps brûlés et déchiquetés jonchent le territoire Nord de « Badluck Jonathan » tandis que la communauté internationale se tait et que les présidents africains, bon an mal an, se saisissent de leurs jets privés pour faire une petite escapade parisienne.

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Le président Gabonais est venu défilé lors de cette marche républicaine, alors même que son peuple déterminé à le voir partir, manifestait pour tous les journalistes gabonais disparus. Quant au président togolais, il est arrivé, on ne sait pour quelle raison, peut-être poussé par son homologue béninois mais mal à l’aise dans cette manifestation pour la liberté d’expression quand on sait que son peuple se bat pour le faire partir depuis des années. Si la présence des présidents nigérien et malien peut se comprendre, il n’en demeure pas moins que le Nord du Mali est loin d’être aux mains du gouvernement et que l’affaire Lazarevic fut un échec cuisant pour la société malienne qui a vu deux terroristes être libérés pour conserver la vie de Serge Lazarevic.

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Cet article peut sembler cynique mais la grande farce est celle de ces chefs d’état qui courent faire la courbette quand leurs propres populations sont muselées. Charlie risque d’être l’élément en trop, le déclencheur d’une succession de révolutions à l’instar de celle du Burkina Faso. Il faut croire que quand des africains se font massacrer, cela relève du « normal » ou de « l’ordinaire » et le pire c’est que nos les chefs d’état cités ci-dessus ont, semble t-il, un profond mépris pour leurs propres populations. La menace est réelle mais les dirigeants africains trouvent le moyen de se rendre plus ridicules qu’ils ne l’étaient. La présence d’Ibrahim Boubacar Keita et celle du président Issoufou peuvent se comprendre mais celle des autres est une insulte, et les caricaturistes de Charlie s’ils sont au paradis, doivent se tordre de rire.

Mahamadou Isoufou a l Elysee

A tous ces présidents qui gaspillent leur kérosène, ayez au moins la décence d’utiliser cet argent pour renforcer l’Ecomog et pour lutter contre les menaces que sont AQMI, les Shebabs et Boko Haram. Il est révoltant de voir qu’installés dans leurs fauteuils royaux, ils assistent, passifs, à la destruction de leur propre continent. Si on ne communalise pas les services secrets au sein de l’Unité africaine et si des moyens ne sont pas versés pour lutter efficacement contre ces bandits qui se veulent des « défenseurs d’Allah », c’est une grosse partie du continent qui risque de périr. Boko Haram n’a pas à être sous-estimé. Ce sont des voyous atteints d’une folie meurtrière, armés jusqu’aux dents qui ont réussi à prendre une base militaire sur le lac Tchad et qui ont été repoussés par l’armée camerounaise au prix de véritables efforts.

Faure-Gnassingbé-et-Hollande
Et si Boni Yayi et Faure Gnassingbé avaient la jugeote de se concerter dans le cadre de la CEDEAO pour limiter les acheminements en armes de Boko Haram ? Charlie fut une tragédie, c’est vrai, mais justement Charlie doit faire prendre conscience qu’il est grand temps de prendre les mesures qui s’imposent contre les fous furieux de l’islam radical. Et il ne serait pas très étonnant que dans les temps à venir, la plupart de ces présidents tombent au profit d’un souffle nouveau qui écrasera la menace de Boko Haram. Il est insupportable de voir comment ils instrumentalisent les femmes et les enfants au nom d’un Dieu qui se tord certainement de colère à l’idée de voir ces malades décimer la vie humaine. Quant à Badluck Jonathan, les élections nigérianes arrivent et il n’est pas certain qu’il reste plus longtemps au pouvoir. De toute évidence, la solution n’est pas nationale, elle est panafricaine et il serait grand temps que les pantins qui nous servent de présidents prennent exemple sur les pères de l’indépendance.

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