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Coalition des partis de l’opposition, une solution politique pour le Nigéria ?

Politique

Coalition des partis de l’opposition, une solution politique pour le Nigéria ?

Par SK

L’élection présidentielle se tiendra le 14 février au Nigéria. La question de la succession se pose évidemment depuis plusieurs mois. Quatre partis de l’opposition ont décidé de faire alliance pour barrer le passage à Goodluck Jonathan. Ce groupe peut-il être une alternative crédible  au gouvernement actuel ?

Le All Progressive Congress (APC), congrès progressiste, est la réunion de quatre partis de l’opposition. Le Congrès d’action du Nigeria (ACN); le Parti de tout le peuple nigérian (ANPP); la Grande Alliance Progressiste (APGA) et le Congrès pour le Changement Progressiste (CPC). Ces quatre entités qui évoluaient en concurrence et chacune de son côté, ont décidé d’unir leurs forces afin d’incarner l’alternance politique. Jusqu’ici, l’opposition ne représentait pas une menace pour le Parti Démocratique Populaire (PDP) de l’actuel président Jonathan.

Comme c’est trop souvent le cas en Afrique, chaque groupe politique s’enfermait dans des préoccupations d’ordre ethnique. Aussi, le nord et le sud ne parvenaient pas à s’entendre. Une union du même type avait s’était formée pour la présidentielle de 2011, entre le CPC et l’ACN. Le projet avait échoué et permit à Goodluck Jonathan d’accéder à la présidence.

 

  Le PDP en déclin 

Aujourd’hui, les choses semblent différentes et les quatre ont trouvé une raison de s’allier. Tom Ikimi , ancien ministre des affaires étrangères et ancien de l’ACN est le président du comité de fusion de  l’APC. Lors de l’annonce officielle de cette coalition, il a déclaré urgente la situation actuelle du Nigéria, posant ainsi le nouveau groupe comme  solution concrète. Si le parti au pouvoir pouvait se targuer de ne pas pratiquer le tribalisme et de rassembler, le contexte a fortement changé la donne.

Cela se remarque d’ailleurs dans l’ébranlement de l’image du PDP. En état de grâce depuis 2007, le parti qui avait porté le prédécesseur de Jonathan, ne séduit plus. Entre 2007 et 2011 on note une baisse de 20% en ce qui concerne les votes, la représentativité au Sénat et à la chambre des Représentants. Toutefois, le parti contrôle encore des points clés, territorialement et institutionnellement.

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Tom Ikimi, président du comité de fusion de l’APC

 

Une compétition intéressante

L’un des défis majeurs du All Progressive Congress est le choix d’un candidat à présenter pour cette élection. Car plusieurs des leaders de ces partis convoitent la fonction. Aussi, les prochaines semaines seront l’occasion de tester la prétendue unité entre ces quatre éléments autrefois indépendants. D’autre part, on relève des réactions mitigées chez les autres acteurs politiques et intellectuels. Certains sont sceptiques quant aux réelles capacités de l’APC à diriger le Nigeria. D’autres y voient une proposition intéressante pour en finir avec la politique Jonathan.

Néanmoins, tout le monde s’accorde sur l’aspect compétitif qu’apporte cette nouvelle alliance. Le challenge pour Goodluck Jonathan va consister à prouver qu’il est  capable de gérer la désormais première puissance africaine. Le Nigeria doit depuis quelques années faire face à une expansion et un développement à grande vitesse. Le défi de l’urbanisation et de la réduction des inégalités entre une nouvelle classe très riche et des habitants pauvres reste difficile à mettre en place. Le rayonnement du Nigeria attire l’attention sur ce pays d’environ 160 millions d’habitants qui depuis bientôt  trois ans est en  proie au terrorisme. Autant d’enjeux décisifs pour le choix du prochain président de la République.