SOCIÉTÉ

Bienvenue à l’Apéro Street

Découvrez l’Apéro Street, un concept imaginé par un jeune camerounais et sur le point de s’exporter dans toute l’Afrique.

Par René Jackson

Après moult invitations gentiment déclinées, j’ai – enfin – participé pour la première fois ce 29 décembre 2014 à une session de l’Apéro Street. Et je ne l’ai pas regretté.

L’Apéro Street est un concept imaginé par Rollin Lowolong, un jeune camerounais multi-casquette (blogueur, communicateur, disc-jockey). L’idée lui est venue de créer cette rencontre jeune lors de la dernière fête de la musique. La première édition a eu lieu en mai 2014 à Douala, au Cameroun. Son idée a tellement bien marché que l’événement s’est perpétué. Il se tient désormais à une cadence mensuelle.

L’Apéro Street c’est quoi?

C’est une rencontre de jeunes BCBG qui, comme son nom l’indique, se déroule autour d’un apéro et dans une rue (différente pour chaque session), entre 15 et 20h. Le concepteur et son équipe utilisent les réseaux sociaux, notamment Twitter, Instagram et Facebook pour communiquer sur l’apéro. Les rencontres se font essentiellement dans une rue de la ville de Douala. L’organisation fournit la musique et les « apéro-streeteurs » (les participants) s’occupent du reste. Aucune obligation n’est imposée à ceux qui veulent en être : pas de faire part ni de dress-code exigé. Chaque participant vient avec sa boisson et s’il n’en a pas, il peut en acheter sur place. Idem avec L’Amuse-gueule.

Le concept est simplissime, mais encore fallait-il y penser. Et il ne fait aucun doute qu’il a plu. Car pour cette dernière rencontre de l’année, qui avait lieu non pas dans une rue mais sur un terrain de basket-ball du quartier Ndokoti, on peut estimer qu’au minimum trois cents personnes s’y sont donné rendez-vous.

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Fun, rencontres et réseautage

L’atmosphère est à l’amusement, à la détente et au divertissement. Cette sensation de légèreté est favorisée par l’alcool qui est présent dans certains cocktails. On discute, on rit de bon cœur et on danse sur les derniers airs à la mode (notamment sur du hip-hop camerounais).

C’est aussi une occasion qui favorise les rencontres. Les jeunes qui s’y retrouvent ne connaissent pas la majorité de ceux avec qui ils discutent, avec qui ils partagent un verre, avec qui ils se trémoussent sur la piste.

Et qui dit rencontres, dit aussi réseautage, car beaucoup sont des jeunes actifs (ou pas) qui se découvrent souvent au hasard d’une discussion des affinités professionnelles. Cet événement permet en outre aux fans des réseaux sociaux de plus en plus nombreux au Cameroun de mettre un visage, un regard, une voix sur les pseudonymes qu’ils voient défiler tous les jours dans leurs différents fils et avec qui ils échangent, sans jamais s’être vus.

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Un concept qui fait des émules

L’Apéro Street a vite acquis notoriété et viralité au sein des communautés 2.0 de Douala, du Cameroun et même de la sous-région Afrique centrale. Ainsi, d’autres villes ont voulu avoir leur petite part d’Apéro Street. Les vœux de quelques unes ont été exaucés. L’événement s’est donc tenu pour la première fois à Yaoundé, la capitale du Cameroun, en décembre 2014. Il a auparavant été porté à Libreville (la capitale du Gabon) en novembre 2014. Les organisateurs tiennent, malgré toutes ces délocalisations, à réserver à la ville de Douala son Apéro Street mensuel.

En définitive, le succès de ce projet démontre s’il le fallait encore qu’avec une idée basique, un peu de malice et en s’appuyant sur la puissance du web 2.0, les jeunes africains peuvent innover et ainsi sortir de sentiers battus.

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