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PHILIPE BANKS ET LE REFUS DE LA MASCARADE

Politique

PHILIPE BANKS ET LE REFUS DE LA MASCARADE

Par SK

Philipe Banks, troisième du nom, a refusé le poste de commissaire divisionnaire proposé par le président Barack Obama, lundi dernier. Après les meurtres de jeunes noirs par des policiers blancs, le gouvernement américain voulait apaiser les tensions en nommant un noir à un haut poste.

Philipe Banks, policer afro-américain a refusé l’offre de Barack Obama. Conscient que la proposition ne tenait pas à son mérite mais à la situation explosive des Etats-Unis après le meurtre de plusieurs noirs américains par des agents de police, Philipe Banks a fait savoir qu’il ne participerait pas à la mascarade. Ce policier avait par ailleurs critiqué les comportements de certains de ses collègues et exposés les risques que représentaient ces « accidents » à sa hiérarchie. Mais ses remontrances étaient restées lettres mortes… Après une réunion houleuse, il a finalement démissionné, accusant les autorités de vouloir faire de lui un autre Obama, c’est-à-dire, « un nègre faire-valoir ».

obama

Trayvon Martin, Mike Brown, Eric Garner, Antonio Martin…Tous des hommes noirs « accidentellement » abattus par des policiers blancs dans « l’exercice de leur fonction ».

Le scénario ne s’est que trop répété et la communauté afro-américaine est frustrée et épuisée. Car ces événements accentuent  de façon tragique le clivage entre la communauté noire américaine et la communauté blanche. Des écarts raciaux, matérialisés par des écarts sociaux (24% des noirs vivent sous le seuil de pauvreté contre 9,8% des blancs ; 13,8% des noirs étaient frappés par le chômage en 2012 contre 6,9 % des blancs*) depuis l’abolition de l’esclavage. Des problèmes sociétaux donc, jamais résolus et décuplés par un système juridique et politique qui maintient les noirs en tant que sous-citoyens et, nécessairement, les blancs dans une position nettement plus enviable.

ferguson

L’arrivée d’un président noir à la maison blanche n’y a rien changé, soit. Toutefois, Barack Obama reste le président des Etats-Unis d’Amérique, une nation diverse au sein de laquelle plusieurs identités et couleurs de peau  cohabitent. Il doit donc logiquement travailler à résorber les écarts entre citoyens ; pourtant, sinon passif, il semble indifférent au sort de ces afros américains. Afros-américains qui ont enterré des fils, frères ou amis ces derniers mois, pour le seul fait que ces derniers étaient noirs. Noir est une cible, noir est suspect, noir n’est pas humain ?

mort

Quatre policiers blancs ont été abattus en représailles, deux à Brooklyn et deux à Las Vegas. Les autorités peinent à justifier ce système qui protège des meurtriers blancs, et endeuille des familles noires. L’apaisement ne sera pas sans justice, la situation semble en voie de dégénérer et les afros-américains ne sont plus dupes, placer une marionnette noire à la tête d’un département de police ne suffit plus.

 

*Chiffres du Groupe TVA