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[CONGO] LE POUVOIR SENTIRAIT-IL LE VENT TOURNER ?

Politique

[CONGO]  LE POUVOIR SENTIRAIT-IL LE VENT TOURNER ?

Par Redaction NOFI

Alors que les échéances présidentielles approchent pour les états africains, l’effervescence commence doucement à envahir le continent. Les présidents maintiennent pour l’instant leur projet de modification constitutionnelle, en vue de briguer un énième mandat. Le Congo Brazzaville ne fait évidemment pas exception et l’opposition est plus ciblée que jamais

Anaclet Tsomambet et Clément Mierassa ont été arrêtés  hier vers 13 heures. Ces deux figures de l’opposition, ainsi que plusieurs de leurs camarades, ont d’abord été interpellés par les forces de l’ordre puis, brutalisés. Le domicile de Clément Mierassa a été pillé, les objets de valeur subtilisés et plusieurs dégâts matériaux volontairement causés. Ce dernier avait déjà reçu la visite du directeur départemental de la police brazzavilloise, le général Bouity, accompagné du maire Hugues Gouelondélé. Les deux hommes avaient effectuée cette visite surprise pour menacer Clément Merassia et lui interdire de tenir sa réunion de militants, dans sa propre maison.

L’opposition n’a jamais eu le vent en poupe à Brazzaville, mais par les temps qui courent, la répression s’intensifie. En 2016, se tiendra l’élection présidentielle pour laquelle Denis Sassou Nguesso veut  être candidat. Président de 1979 à 1992, il est ensuite revenu au pouvoir en 1997, et gouverne depuis lors. Soit dix-sept ans de pouvoir ininterrompu depuis 1997, et trente et un ans en tout. La constitution lui empêche de se représenter en 2016, mais comme nombre de ses homologues, Denis Sassou Nguesso ne souhaite pas tirer sa révérence pour l’instant.

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Les militants pour l’alternance démocratique ont toujours eu à subir des attaques du gouvernement et à craindre exactions, enlèvements et autres intimidations. Néanmoins, ces arrestations inopinées surviennent dans un contexte particulier. La crise burkinabé a entériné la souveraineté du peuple fier et fort, celui qui veut choisir sa destinée et son gouvernant. La destitution de Blaise Compaoré est un symbole pour toute l’Afrique et un message envoyé aux dirigeants avares de pouvoir. Comme pour les printemps arabes, cette vague de colère et de détermination pourrait contaminer d’autres états, et ainsi renverser d’autres présidents…

Ce qui est certain c’est que les événements récents du Burkina Faso matérialisent la hantise des présidents à vie.  Les actions du gouvernement s’en voient donc nécessairement influencées.

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La recrudescence des arrestations arbitraires au grand jour, à Brazzaville, serait-elle un signe d’affolement du gouvernement ? L’oligarchie congolaise sentirait-elle le vent tourner ?

Clément Mierassa a finalement été libéré ce mercredi et tiendra une conférence de presse demain matin à 10 heures.