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[USA] 47 CHEFS D’ETAT AFRICAINS INVITÉS À LA MAISON-BLANCHE

Politique

[USA] 47 CHEFS D’ETAT AFRICAINS INVITÉS À LA MAISON-BLANCHE

Par SK

Soucieux de ne pas être d’être devancé sur le continent noir par les puissances que sont la Chine, le Japon, les Emirats, ou encore le Brésil, Barack Obama veut organiser une grande conférence à Washington

 Cette annonce survient d’ailleurs quelques jours après le voyage en Afrique du président japonais Shinzo Abe d’une part, et du Premier ministre chinois Li Keqiang d’autre part.

       Le discours semble changé. Lors de sa tournée africaine cet été, Barack Obama minimisait les rivalités entre les principaux investisseurs en Afrique, disant qu’il n’y avait pas de « guerre froide » sur le continent.

      Aujourd’hui, il semblerait que les intérêts chinois et japonais aient bel et bien déclenché cette guerre froide dans laquelle le président américain n’entend pas se laisser faire.

      D’ailleurs, la Maison-Blanche ne s’en cache pas, soulignant dans un communiqué que « le président Obama se réjouit d’accueillir des dirigeants venus de tout le continent africain, afin de renforcer encore les liens avec une des régions les plus dynamiques au monde ».

      Cette impulsion de l’Afrique, qui continue d’enregistrer une solide croissance d’environ 6 à 7%, intéresse tous les investisseurs étrangers.

     Les USA ne voulant pas être en porte-à-faux avec l’Union Africaine, tous les pays suspendus par l’UA ne sont pas invités à Washington : l’Égypte (Washington condamne le coup d’Etat et la destitution de Mohamed Morsi), la Centrafrique (la récente mise au pouvoir de Catherine Samba-Panza devrait néanmoins changer la donne), Madagascar (exclue de l’Union Africaine depuis 2009 pour cause de coup d’Etat), l’Érythrée et la Guinée-Bissau sont black-listés.

     Le président zimbabwéen Robert Mugabe, pourtant très respecté sur le continent africain pour ses prises de position radicales contre l’Occident, est, lui, depuis plusieurs années, carrément interdit de voyager aux États-Unis, ainsi que tous les autres dirigeants de son parti, le Zanu-PF.

      Le Soudanais Omar el Béchir n’est pas non plus bienvenu aux Etats-Unis. En plus, il n’a aucun intérêt à quitter l’Afrique, au risque de se voir offrir un aller simple pour La Haye où la CPI l’attend de pied ferme.

      Les dirigeants africains invités à Washington ne devront pas pour autant se laisser amadouer. Les « partenariats » qu’Obama appelle de ses vœux sont de véritables enjeux pour le peuple africain. La « guerre froide » qui a lieu entre ces puissances pour avoir la mainmise sur les ressources du continent est une réelle menace.

Conscients de cela, les dirigeants africains en route pour Washington ont la lourde responsabilité, envers leur peuple, que l’Afrique ne sorte pas dominée de ces débats.