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[TOGO] BLOCS OFFSHORES : BATAILLE ENTRE ENI ET BRENHAM, LES TOGOLAIS VEULENT SAVOIR

Politique

[TOGO] BLOCS OFFSHORES : BATAILLE ENTRE ENI ET BRENHAM, LES TOGOLAIS VEULENT SAVOIR

Par SK

L’Etat togolais est en plein conflit financier autour de l’exploitation de son pétrole. En effet, la société américaine Brenham Oil & Gas et l’italienne ENI se disputent l’hégémonie des blocs offshores Oti1 et kara1, qui sont en fait des plateformes pétrolières. L’exploitation de ces blocs selon un nombre de barils quotidien déterminé, fixe la recette (juteuse) des revenus liés au pétrole

Dans cette nouvelle aire, certains des états africains ont le courage de tenter de se réapproprier leurs biens en prenant la part la plus grande des bénéfices, ce qui est logique en soit, mais loin d’être une généralité sur le continent. Cependant, dans ces tractations politico-juridico-financières, les abus sont monnaie courante, et il semblerait cette fois que le Togo soit en faute.

L’intrigue est assurément complexe dans ce cas de figure où l’Etat Togolais a signé un contrat avec l’italienne ENI pour l’exploration des blocs Kara1 et Oti, l’exploration, opération préalable à l’exploitation, nécessite des moyens matériels et financiers très importants, à la charge de l’entreprise qui souhaite exploiter.
Ainsi, les deux parties, en l’occurrence, l’état togolais et ENI, s’entendent sur une part des pourcentages touchés par chacun en cas de découverte du précieux or noir. Cependant, le contrat sur les recettes n’est pas rétroactif. Cela signifie que le prix est fixé au départ, avant la phase d’exploration, et qu’il ne peut changer quelles que soient les découvertes ultérieures. Donc, même si l’Etat se rend compte des possibilités hors normes qu’offre la plateforme, il ne peut en aucun cas réclamer une part plus grande sur les profits.

Par ailleurs, le contrat signé octroie au bénéficiaire le droit exclusif d’explorer la zone, et de l’exploiter ensuite. Et c’est là que les choses se compliquent. L’Etat togolais a demandé la renégociation du contrat avec ENI, ce qui a mit l’italien en colère. Refusant selon les termes du contrat, de revoir les parts du profit et menaçant de porter l’affaire devant un tribunal international.

Il a par ailleurs négocié la cession des mêmes blocs Offshore (Kara1 et Oti1) avec l’américaine Brenham Oil&Gas dans le but de faire pression sur l’italien ; en d’autres termes, faire comprendre à ENI que s’ils refusent de coopérer, ils se verront destitués de leur possession au profit des américains.

Seulement, l’Etat Togolais a en fait signé le même contrat, pour les mêmes blocs, avec l’italien et l’américain. Ayant empoché l’argent du premier, il semblerait tout faire pour qu’ils s’en aillent et que le contrat avec Brenham puisse être respecté.

Une double vente donc, qui donne aux citoyens l’impression que quelque chose n’est pas claire. En effet, pourquoi et comment le Togo a pu effectuer cette cession deux fois, à deux entreprises différentes ? La population se pose la question de savoir si tout cela n’est pas une mise en scène entre le gouvernement togolais et les américains, qui comme on l’apprend cette semaine, étaient présents sur place bien avant l’arrivée des italiens.

Brenham Oil& Gas serait-elle dans la combine ? C’est en tout cas ce que suspectent ENI et les citoyens togolais. Selon eux, il s’agit là d’une machination. Par ailleurs, l’argent touché par l’Etat pour cette transaction n’a pas été ajouté aux comptes officiels du trésor public, on ne sait ce qu’il est devenu et ne profitera donc pas aux citoyens. Le gouvernement se voit donc obligé de communiquer sur cette affaire dans les prochains jours, avant que l’affaire ne s’envenime.