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[GABON] LA TOUTE-PUISSANCE DE TOTAL ÉBRANLÉE ?

Politique

[GABON] LA TOUTE-PUISSANCE DE TOTAL ÉBRANLÉE ?

Par SK

Le monstre Total, entreprise reine en Afrique, a toujours bénéficié de toutes sortes d’avantages que lui octroie, de fait, sa position. Les largesses fiscales en faisant bien évidemment partie, l’entreprise a ainsi pu éviter de déverser plusieurs milliards de FCFA aux pays qu’elle exploite. Mais l’État gabonais n’entend pas se laisser faire

En effet, sa position dans l’économie globale des États africains est telle qu’il est difficile d’intenter des actions contre elle lorsque souvent, elle ne s’acquitte pas de ses factures.

Pourtant, le Gabon l’a fait. Un avis de redressement fiscal a été adressé à Total le 14 février dernier pour la période de 2008 à 2010, soit un montant de plus de 384 milliards de FCFA (précisément 384.173.488.875 FCFA). L’Etat, déterminé, a réclamé son dû, ce qui a eu pour conséquence de mettre en colère la direction, qui a aussitôt menacé le gouvernement et s’est dit prête à utiliser tous les recours pour défendre ses intérêts. Évidemment, le groupe ne s’est pas gardé de rappeler qu’il était actionnaire majoritaire de Total Gabon, un moyen de mettre la pression sur l’économie gabonaise et donc sur la justice.

Mais cela n’a pas fonctionné. Le fait qu’un État africain ose s’attaquer à cette institution est un acte à la fois fort et dangereux, mais qu’en plus l’entreprise n’ait pas officiellement obtenu gain de cause relève de l’incroyable. Le fisc gabonais insiste et dénonce la mauvaise foi du premier contribuable du pays qui refuse de se soumettre aux lois en vigueur et ne considère que ses intérêts, en dépit de ceux du Gabon, ce qui, en soi, n’est pas nouveau.

L’éventualité de représailles sur le président Ali Bongo est dans tous les esprits car, dans la configuration actuelle des choses, la France (qui est Total et inversement) ne perd jamais et les impétueux, qui sont dans leur bon droit, auront forcément à répondre de leur témérité. Pas de suite officielle pour l’instant sur le désaccord, l’instruction est ouverte et la justice suit son cours. L’affaire est loin d’être terminée.