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[FRANCE] LES THÈSES NÉGATIONNISTES DU CNED

Politique

[FRANCE] LES THÈSES NÉGATIONNISTES DU CNED

Par SK

Le CNED (Centre national d’enseignement à distance) a diffusé une contre-vérité insultante par l’intermédiaire d’une enseignante de Rouen, qui a envoyé à des élèves de 3e un corrigé sur le thème du génocide rwandais de 1994. Elle a tout simplement inversé les Tutsis et les Hutus en parlant de « génocide des Hutus par les Tustis au Rwanda »

  Une ignorance lourde de conséquences, à quelques semaines de la commémoration des vingt ans du massacre des Tutsis par les Hutus. L’association Ibuka France, qui assure la défense des victimes rescapées du drame de 1994, a immédiatement réagi en adressant un courrier à François Hollande et à Vincent Peillon (ministre de l’Éducation). Le ministère a promis de faire le nécessaire, et les élèves devraient recevoir des rectificatifs dans les prochains jours.

       Une erreur gravissime, à peine scandaleuse au vu du bruit qu’elle fait (c’est-à-dire aucun), et une légèreté insultante quant à ce massacre auquel la France n’a pas participé que de loin.

      Ibuka France parle à juste titre de « désinvolture ». La mise en circulation du document a été validée et agréée par un prétendu « expert pédagogique » du nom de François Didier. Peut-être ce spécialiste éclairé est-il partisan de la thèse du « double génocide » ?

     Qu’un document officiel, utilisé dans nombre d’écoles françaises à l’étranger dont le Rwanda, puisse déformer à ce point la vérité laisse quand même sceptique, et peut difficilement être mis sur le compte d’une simple erreur.

       Et pour cause, c’est le genre « d’incident » qui ne peut pas viser toutes les communautés… et que ce soit à nouveau la communauté noire qui en fasse les frais est à peine remarquable, surtout quand on sait que le sujet était sur le « devoir de mémoire » !

       Ironie, quand on voit la mascarade mise en place ces derniers mois visant à faire croire que la France est une grande amie du continent. Car la mémoire occidentale est sélective, elle se souvient de ce qui l’arrange et « se trompe » ou « omet » quand ça l’arrange.

       L’association souligne qu’il ne suffit pas de modifier la phrase incriminée (« le génocide des Hutus par les Tutsis au Rwanda ») pour aider les enseignants, apparemment très mal informés, et les élèves du CNED à comprendre ce qui s’est passé au Rwanda, en 1994. Car on ne peut pas résumer le génocide perpétré à l’encontre de la communauté tutsie rwandaise par « le génocide des Tutsis par les Hutus ».

       L’association insiste sur le fait que « le génocide perpétré contre les Tutsis du Rwanda est un projet politique qui a été pensé, préparé, planifié et réalisé […] par des personnes issues de la classe politique rwandaise, de l’armée, de l’administration, de l’église…, avec des soutiens politiques, militaires, diplomatiques, financiers hors du Rwanda, notamment en France ».

          « La communauté hutue dans son ensemble ne peut être qualifiée de génocidaire ».

     Ce genre de simplification douteuse, en plus de semer la confusion, d’entretenir un racisme qui ne dit pas son nom envers les populations africaines, forcément envisagées sous le prisme de leur appartenance ethnique, dilue les responsabilités. Comme actuellement au Soudan du Sud ou en République centrafricaine, où les médias officiels veulent systématiquement réduire des problèmes purement politiques en « violences ethniques ».

      À l’aube des commémorations de la Première Guerre mondiale, à laquelle les populations des anciennes colonies françaises ont dû largement participer et pour lesquelles elles n’ont pas été remerciées, on peut voir, une fois encore, la manifestation de toute la sympathie que nous porte l’oligarchie.